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		<title>Les outils du soin</title>
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		<title>F&#233;minisation de la langue : quelques r&#233;flexions th&#233;oriques et pratiques</title>
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		<dc:date>2017-05-14T18:25:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Outils du soin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; le 10/12/2013 par Genre ! r&#233;flexions d'Anne-Charlotte Husson, chercheuse &#224; l'ENS de Lyon et blogueuse f&#233;ministe http://www.rue89lyon.fr/2014/04/28/anne-charlotte-husson-chercheuse-lyon-genre-pas-apparu-trois-ans/ &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Les personnes lisant r&#233;guli&#232;rement ce blog auront s&#251;rement remarqu&#233; que j'essaie au maximum d'&#233;viter d'employer le masculin universel (j'explique ci-dessous ce que j'entends par l&#224;). Je voudrais tenter d'expliquer pourquoi (c'est le c&#244;t&#233; th&#233;orique) et surtout comment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/" rel="directory"&gt;L'ECRITURE INCLUSIVE OU EPICENE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 10/12/2013 par Genre !	&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;flexions d'Anne-Charlotte Husson, chercheuse &#224; l'ENS de Lyon et blogueuse f&#233;ministe&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rue89lyon.fr/2014/04/28/anne-charlotte-husson-chercheuse-lyon-genre-pas-apparu-trois-ans/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rue89lyon.fr/2014/04/28/anne-charlotte-husson-chercheuse-lyon-genre-pas-apparu-trois-ans/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Les personnes lisant r&#233;guli&#232;rement ce blog auront s&#251;rement remarqu&#233; que j'essaie au maximum d'&#233;viter d'employer le masculin universel (j'explique ci-dessous ce que j'entends par l&#224;). Je voudrais tenter d'expliquer pourquoi (c'est le c&#244;t&#233; th&#233;orique) et surtout comment, par quelques r&#233;flexions li&#233;es &#224; mon parcours sur cette question et &#224; ma pratique comme f&#233;ministe, blogueuse, mais aussi comme prof de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re. Cette pratique est en &#233;volution constante. Alors que j'&#233;tais d'abord extr&#234;mement r&#233;ticente, je me suis habitu&#233;e &#224; ces graphies &#224; force de lectures et d'&#233;changes militants, et j'aurais du mal aujourd'hui &#224; faire marche arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces th&#233;ories et pratiques rencontrent &#233;norm&#233;ment de r&#233;sistances. J'ai pu m'en rendre compte &#224; chaque fois que j'ai &#233;voqu&#233;, ici ou sur Twitter, des questions li&#233;es au sexisme dans le langage. Je ne dis pas que toutes les personnes qui m'ont oppos&#233; ce genre de discours sont d'immondes sexistes ; la plupart affirment n'avoir aucun probl&#232;me avec le principe de l'&#233;galit&#233;. Le plus souvent, ces r&#233;sistances viennent de la part des personnes qui ne supportent pas que l'on &#171; touche &#187; &#224; la langue telle qu'elles la connaissent et telle qu'elle est codifi&#233;e par les grammaires. Plus profond&#233;ment, elles sont li&#233;es &#224; la difficult&#233; &#224; reconna&#238;tre que le langage est politique et que le masculin universel n'est pas du neutre (la cat&#233;gorie ne s'applique pas aux personnes en fran&#231;ais) mais bien du masculin ; j'y reviens ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien conscience que traiter ce genre de sujet va m'attirer plein de remarques sympathiques en commentaire. C'est toujours le cas quand les f&#233;ministes parlent de la langue. On nous reproche de nous tromper de combat, de nous attaquer &#224; des futilit&#233;s ; et dans le m&#234;me temps la lev&#233;e de boucliers que cela suscite confirme l'importance du sujet de la f&#233;minisation. Si vous &#234;tes tent&#233;&#183;e de m'opposer ces arguments, essayez 1) d'abord de r&#233;fl&#233;chir &#224; cela 2) de lire l'article en entier et 3) de vous demander pourquoi il est tellement important pour vous qu'on ne &#171; touche &#187; pas &#224; la langue. Merci d'avance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah oui, derni&#232;re chose : je suis agr&#233;g&#233;e de Lettres Modernes, j'ai l'intention de faire un doctorat en linguistique et j'enseigne actuellement le fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger. D'exp&#233;rience, je sais que certain&#183;e&#183;s auront une furieuse envie de m'expliquer la grammaire fran&#231;aise : vous pouvez vous abstenir. Re-merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re remarque avant de commencer, &#224; propos du titre : le terme de &#171; f&#233;minisation &#187; pour d&#233;signer ces pratiques n'est pas forc&#233;ment adapt&#233;. L'id&#233;e est, avant tout, de rendre la langue moins masculine, en partant du principe que l'on refuse le masculin universel. Des expressions comme &#171; langage non-genr&#233; &#187; ou &#171; langage neutre &#187; ne me conviennent pas non plus. Le genre, entendu comme pur ph&#233;nom&#232;ne grammatical, n'est pas d&#233;passable en fran&#231;ais, difficile donc de pr&#233;tendre &#224; un langage non-genr&#233; ; en revanche, en ce qui concerne la d&#233;signation des personnes, il est absolument n&#233;cessaire de r&#233;aliser que le genre a une dimension id&#233;ologique, que je vais expliciter. Des proc&#233;d&#233;s de neutralisation sont possibles, mais un langage &#171; neutre &#187; n'est pas l'objectif. L'objectif, au contraire, est de mettre fin &#224; l'invisibilisation du f&#233;minin dans la langue comme dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectifs et justifications th&#233;oriques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet me tient &#224; coeur, j'ai d&#233;j&#224; &#233;crit plusieurs posts &#224; ce sujet. La bibliographie est tr&#232;s vaste, mais je ne veux pas trop m'attarder ici sur l'aspect th&#233;orique de la question. Je cite quelques travaux de r&#233;f&#233;rence &#224; la fin de ce billet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer : quel est le probl&#232;me ? Le probl&#232;me est que, en fran&#231;ais, l'homme est consid&#233;r&#233; comme l'&#234;tre humain par d&#233;finition et la femme comme l'exception. Quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Un groupe peut &#234;tre constitu&#233; de 99 femmes et 1 homme, il est cependant admis que l'on s'adresse &#224; ce groupe en disant &#171; Merci &#224; tous d'&#234;tre venus &#187;. On apprend aux femmes qu'il est normal que le f&#233;minin soit inclus dans le masculin ; c'est pour cela que les f&#233;ministes parlent d'invisibilisation du f&#233;minin. Imaginez deux secondes qu'on fasse l'inverse : ces messieurs se sentiraient certainement priv&#233;s de leur virilit&#233;. On l'apprend d&#232;s l'&#233;cole primaire : &#171; le masculin l'emporte sur le f&#233;minin &#187;. Il s'agit apparemment d'une mani&#232;re anodine de d&#233;crire le fonctionnement de la langue ; ce serait oublier que la langue est un produit culturel et a donc une histoire. La primaut&#233; du masculin sur le f&#233;minin s'est impos&#233;e au XVII&#232;me si&#232;cle et a &#233;t&#233; justifi&#233;e ainsi : &#171; lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte &#187; (Abb&#233; Bouhours, 1675) ou encore : &#171; le genre masculin est r&#233;put&#233; plus noble que le f&#233;minin &#224; cause de la sup&#233;riorit&#233; du m&#226;le sur la femelle &#187; (Beauz&#233;e, grammairien, 1767 &#8211; r&#233;f&#233;rences ici).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Le terme &#171; hommes &#187; peut d&#233;signer un groupe d'&#234;tres humains, quel que soit leur sexe ; le terme &#171; femmes &#187; ne d&#233;signe que les &#234;tres humains de sexe f&#233;minin. &#171; Homme &#187; peut donc avoir un sens sp&#233;cifique (&#234;tre humain de sexe masculin) et un sens g&#233;n&#233;rique (&#234;tre humain tout court). Le mot homme vient du latin homo, qui signifie &#171; &#234;tre humain &#187;, l'homme de sexe masculin &#233;tant vir (qui a &#233;videmment donn&#233; viril). Dans Le Sexe des mots, la linguiste Marina Yaguello commente ainsi cette &#233;volution :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on a tellement l'habitude de voir le masculin &#171; absorber &#187; grammaticalement le f&#233;minin qu'on pourrait croire que le sens g&#233;n&#233;rique est second, alors qu'il est historiquement premier. L'homme a en quelque sorte &#171; confisqu&#233; &#187; symboliquement la qualit&#233; d'&#234;tre humain &#224; son profit. (&#8230;) Et c'est donc personne, grammaticalement f&#233;minin mais s&#233;mantiquement indiff&#233;renci&#233;, qui doit &#234;tre employ&#233; comme terme g&#233;n&#233;rique. D'ailleurs, aucune femme ne dit jamais en parlant d'elle-m&#234;me : &#171; Je suis un homme. &#187; En revanche, un homme peut dire : &#171; Je suis une personne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les noms de m&#233;tiers et de fonctions restent largement utilis&#233;s au masculin. Il semble donc normal &#224; la majorit&#233; de dire &#171; Madame le ministre &#187; ou, pour ma m&#232;re, de se d&#233;crire comme &#171; directeur des Ressources Humaines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identification de ce probl&#232;me ne date pas d'hier. Hubertine Auclert demandait ainsi en 1898 si, pour faire pendant &#224; l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise, &#171; une &#233;lite f&#233;minine ne pourrait pas [&#8230;] constituer une Assembl&#233;e pour f&#233;miniser les mots de notre langue, rectifier et compl&#233;ter le dictionnaire, faire enfin que le genre masculin ne soit plus regard&#233;, dans la grammaire, comme le genre le plus noble. [&#8230;] L'omission du f&#233;minin dans le dictionnaire contribue, plus qu'on ne croit, &#224; l'omission du f&#233;minin dans le code (c&#244;t&#233; des droits) &#187; (Le Radical, 18 avril 1898).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre invisibilisation (ou &#171; omission &#187;) du f&#233;minin dans la langue et dans la soci&#233;t&#233; para&#238;t &#233;vident. En revanche, aucune f&#233;ministe ne pr&#233;tend que modifier la langue permettrait, de mani&#232;re quasi-magique, de faire &#233;voluer la soci&#233;t&#233;. Ce serait une position aussi na&#239;ve que l'argument &#244; combien de fois entendu : &#171; il faut d'abord faire &#233;voluer la soci&#233;t&#233;, la langue suivra d'elle-m&#234;me &#187;. La plupart des gens refusant que l'on &#171; touche &#187; &#224; la langue ne sont pas d'immondes misogynes ; leur probl&#232;me, c'est que l'on r&#233;v&#232;le le politique dans leur langue, qu'on lui retire son enrobage &#171; naturel &#187; et qu'on mette en &#233;vidence l'id&#233;ologie qui y est &#224; l'oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc f&#233;miniser la langue, c'est-&#224;-dire mettre fin &#224; l'invisibilit&#233; du f&#233;minin. Pour cela, plusieurs solutions sont possibles. Personne n'a jamais &#233;t&#233; forc&#233; de les utiliser ; au contraire, tout au plus les instances de pouvoir formulent-elles des &#171; recommandations &#187; ou des &#171; directives &#187; pour la f&#233;minisation de la langue, avec l'efficacit&#233; que l'on sait. En voici quelques-unes, telles que j'essaie de les appliquer dans la vie de tous les jours. Je parlerai ensuite d'une solution qui permet de d&#233;passer le binarisme masculin/f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des solutions en pratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; F&#233;minisation des noms de m&#233;tiers et des titres : en voil&#224; une qui ne devrait pas poser de probl&#232;me, d'autant qu'il existe nombre de directives et rapports sur le sujet ; pourtant les r&#233;ticences restent tr&#232;s importantes. Rien n'emp&#234;che apparemment d'utiliser un article f&#233;minin avec le terme &#233;pic&#232;ne &#171; ministre &#187;, ou de parler de &#171; directrice des Ressources Humaines &#187;, le terme &#171; directrice &#187; &#233;tant attest&#233; depuis tr&#232;s longtemps. J'essaie donc de f&#233;miniser un maximum ces noms. Parfois cela pose probl&#232;me : on ne sait pas tr&#232;s bien s'il faut dire &#171; auteure &#187; ou &#171; autrice &#187;. Le premier a ma pr&#233;f&#233;rence parce qu'il ne cr&#233;e aucune diff&#233;rence &#224; l'oral et la transformation est minime &#224; l'&#233;crit ; le second est &#233;tymologiquement plus correct mais peu entendu et vous vous exposez donc &#224; des commentaires. Les arguments contre la f&#233;minisation des noms de m&#233;tiers sont bien faibles (si l'on excepte le neutre, que j'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;) : on vous dira que &#171; c'est moche &#187;, que &#171; &#231;a fait mal &#224; l'oreille &#187;, que c'est &#233;trange. On vous dira certainement que ce n'est pas dans le dictionnaire ; le terme n'y entrera pas tant qu'il ne sera pas rentr&#233; dans l'usage&#8230; L'argument le plus utile que j'aie entendu contre le terme &#171; &#233;crivaine &#187; &#233;tait que &#171; &#231;a rime avec vaine &#187;. Et &#171; &#233;crivain &#187; rime avec&#8230; L'absence de familiarit&#233; est le principal motif de ces arguments. Mais ce n'est pas parce qu'un mot est rare ou vous para&#238;t laid qu'il ne faut pas l'utiliser ; sinon, vous pouvez aussi refuser de parler de cucurbitac&#233;es, &#231;a vous regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; A l'&#233;crit, au lieu d'employer le masculin universel, on peut aussi inclure d&#233;lib&#233;r&#233;ment le f&#233;minin dans le terme ou dans la phrase. Prenons l'exemple d'un email envoy&#233; &#224; un groupe d'ami&#183;e&#183;s : la solution &#171; normale &#187; serait de commencer en disant quelque chose comme &#171; chers amis &#187;. Vous pouvez aussi employer une conjonction ou une virgule : &#171; ch&#232;res amies, chers amis &#187; (avec le masculin en premier &#231;a marche aussi, mais il faut bien varier un peu&#8230;). Il existe &#233;galement plusieurs proc&#233;d&#233;s permettant d'inclure f&#233;minin et masculin dans la graphie (l'&#233;criture) d'un mot. Illustration avec le mot &#171; ami &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les parenth&#232;ses : les ami(e)s&lt;br class='autobr' /&gt; les tirets : les ami-e-s&lt;br class='autobr' /&gt; les points m&#233;dians : les ami&#183;e&#183;s&lt;br class='autobr' /&gt; les majuscules : les amiEs&lt;br class='autobr' /&gt; la barre oblique : les ami/e/s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression cr&#233;&#233;e par ces proc&#233;d&#233;s peut varier. La parenth&#232;se est &#224; mon avis &#224; &#233;viter : mettre le f&#233;minin en &#233;vidence, ce n'est pas le mettre entre parenth&#232;ses&#8230; Les tirets fonctionnent de mani&#232;re &#233;quivalente mais me semblent moins probl&#233;matiques. La barre oblique est souvent lourde, surtout pour les mots au pluriel, mais elle reste la solution la plus claire pour des formes comme &#171; instituteur/trice &#187;. Les points m&#233;dians sont de loin, quand ils sont possibles, ma solution pr&#233;f&#233;r&#233;e, car ils n'interrompent presque pas la lecture. Les majuscules peuvent poser un probl&#232;me de compr&#233;hension pour une personnes non initi&#233;e (la premi&#232;re fois que j'ai rencontr&#233; cette graphie, j'ai cru qu'il s'agissait d'insister sur le fait qu'il ne s'agissait que de femmes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces graphies peuvent para&#238;tre lourdes mais au moins elles &#233;vitent d'&#233;crire le mot deux fois. Elles constituent de plus une prise de position claire, ce qui n'est pas pour me d&#233;plaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les pronoms de 3&#232;me personne peuvent aussi poser probl&#232;me. Avec des pronoms d&#233;monstratifs, on peut facilement utiliser un &#171; et &#187; : &#171; celles et ceux &#187;. C'est beaucoup plus difficile avec des pronoms personnels : il et elle, ils et elles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il reste &#233;videmment la possibilit&#233; (assez rare malheureusement) d'employer des noms et adjectifs &#233;pic&#232;nes (ne distinguant pas le masculin et le f&#233;minin), comme enfant, coll&#232;gue, artiste, brave, magnifique&#8230; Ne reste plus qu'&#224; f&#233;miniser le d&#233;terminant, si besoin est. C'est cette solution qui est recommand&#233;e par le gouvernement qu&#233;b&#233;cois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Probl&#232;mes rencontr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je d&#233;cris peut para&#238;tre difficile &#224; faire, mais croyez-moi, &#231;a devient une habitude. A partir du moment o&#249; l'on prend conscience du fonctionnement du masculin universel, &#231;a devient m&#234;me une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai &#233;crit plus haut, certaines solutions et certaines formes peuvent poser probl&#232;me. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il me semble que la lourdeur est un sacrifice acceptable pour le but recherch&#233;, mais si elle peut &#234;tre &#233;vit&#233;e c'est &#233;videmment toujours mieux (par les points m&#233;dians ou &#171; et &#187; notamment). Il faut de plus faire attention &#224; &#234;tre syst&#233;matique. J'ai r&#233;cemment lu un tweet commen&#231;ant par &#171; tous les manifestant-e-s &#187; : bel effort, mais il aurait fallu aller jusqu'au bout et &#233;crire &#171; tou-te-s &#187;. S'arr&#234;ter &#224; mi-chemin n'a pas grand-sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontre aussi des probl&#232;mes dans ma pratique de l'enseignement du fran&#231;ais &#224; des &#233;tudiant&#183;e&#183;s britanniques. Maintenant que je suis tellement sensibilis&#233;e &#224; la question, j'ai &#233;norm&#233;ment de mal &#224; employer le masculin universel en m'adressant &#224; elles et eux (&lt;-) ou dans les documents que je leur donne. Je dois cependant garder &#224; l'esprit qu'on attend qu'ils et elles emploient les formes commun&#233;ment admises ; de plus, je ne veux pas leur rendre l'apprentissage du fran&#231;ais encore plus compliqu&#233; qu'il ne l'est d&#233;j&#224;&#8230; Je m'arrange donc pour commencer mes mails par &#034;ch&#232;res &#233;tudiantes, chers &#233;tudiants&#034; (ou encore mieux, &#034;bonjour&#034;), et pour employer des formes &#233;pic&#232;nes ou facilement f&#233;minisables (&#034;Vous &#234;tes fran&#231;ais-e et vous &#233;crivez au journal Bidule&#8230;&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;passer le binarisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques posent &#233;galement un probl&#232;me d'ordre th&#233;orique, dans la mesure o&#249; elles reconduisent voire renforcent le caract&#232;re binaire et contraignant du genre. Cela peut poser probl&#232;me &#224; tout un chacun, mais en particulier aux personnes trans*, &#224; celles qui ne s'identifient pas &#224; un genre d&#233;termin&#233;, &#224; celles qui con&#231;oivent le genre comme un spectre plut&#244;t que comme une alternative, etc. Ce n'est pas mon cas mais je regrette tout de m&#234;me le caract&#232;re rigide de l'alternative masculin / f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es se d&#233;veloppent de nouvelles morphologies (linguistiques) et graphies permettant de rel&#226;cher un peu ce carcan. C'est surtout le cas avec les pronoms de 3&#232;me personne. On pourrait qualifier ces nouvelles formes de neutralisantes : elles ne sont pas neutres mais leur int&#233;r&#234;t r&#233;side dans le processus de perturbation du genre. C'est le cas des pronoms personnels ille (au lieu de il et elle), illes, elleux (elles et eux), ou encore du d&#233;monstratif celleux. Certaines formes ne sont cependant reconnaissables qu'&#224; l'&#233;crit (ille et illes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai commenc&#233; &#224; les employer que tr&#232;s r&#233;cemment et je le fais tr&#232;s rarement, avec des personnes que cela ne risque pas trop de surprendre. J'y trouve de nombreux avantages : elles sont plus fluides et &#233;conomiques, pourrait-on dire, que les proc&#233;d&#233;s d&#233;crits plus haut ; elles &#233;vitent, comme je l'ai dit, le binarisme du genre : elles le perturbent par la coalescence du masculin et du f&#233;minin au lieu de pr&#233;senter une alternative. Surtout, j'ai &#233;t&#233; surprise par leur effet lib&#233;rateur &#224; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inconv&#233;nients me semblent n&#233;gligeables. On pourrait objecter que ces formes peuvent poser des probl&#232;mes de compr&#233;hension ; &#224; l'&#233;crit, cependant, il ne faut gu&#232;re de temps pour comprendre ce dont il est question quand on rencontre une de ces formes pour la premi&#232;re fois, et on s'y habitue vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore que les proc&#233;d&#233;s de f&#233;minisation, la neutralisation repr&#233;sente une prise de position qui n'est pas forc&#233;ment facile &#224; assumer dans tous les milieux. C'est s&#251;rement l'inconv&#233;nient majeur. Mais, de m&#234;me que les graphies f&#233;minisantes se r&#233;pandent hors des milieux militants, peut-&#234;tre que celles-ci n'y resteront pas cantonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article ne se veut pas du tout exhaustif. N'h&#233;sitez pas &#224; le compl&#233;ter en commentaire avec vos propres pratiques d'&#233;criture !&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cafaitgenre.org/2013/12/10/feminisation-de-la-langue-quelques-reflexions-theoriques-et-pratiques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cafaitgenre.org/2013/12/10/feminisation-de-la-langue-quelques-reflexions-theoriques-et-pratiques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques r&#233;f&#233;rences :&lt;br class='autobr' /&gt;
Donzel, Marie, &#171; Ch&#232;fe d'entreprise, vous trouvez &#231;a laid ? &#187;, blog Ladies and Gentlemen, 15 d&#233;cembre 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
Houdebine, Anne-Marie (&#233;d.), La f&#233;minisation des noms de m&#233;tiers. En fran&#231;ais et dans d'autres langues, L'Harmattan, 1998.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michard, Claire, Le sexe en linguistique. S&#233;mantique ou zoologie ?, L'Harmattan, 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paveau, Marie-Anne, 2002, &#171; La f&#233;minisation des noms de m&#233;tiers : r&#233;sistances sociales et solutions linguistiques &#187;, Le fran&#231;ais aujourd'hui, 2002/1, en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2002-1-page-121.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2002-1-page-121.htm&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yaguello, Marina, Les mots et les femmes, Payot, 1978.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yaguello, Marina, Le Sexe des mots, Seuil, 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
Wittig, Monique, &#171; La Marque du genre &#187;, La Pens&#233;e Straight, Amsterdam, 2007, p. 103-111.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique :&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le site de l'Office qu&#233;b&#233;cois de la langue fran&#231;aise, une &#034;webographie sur la f&#233;minisation et la r&#233;daction &#233;pic&#232;ne&#034; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur Rebellyon : &#034;Pourquoi et comment f&#233;miniser ses textes ?&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>6 arguments pour inclure les femmes dans votre langage</title>
		<link>https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/article/6-arguments-pour-inclure-les-femmes-dans-votre-langage</link>
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		<dc:date>2017-05-07T08:55:20Z</dc:date>
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		<dc:creator>Outils du soin</dc:creator>



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&lt;p&gt;trouv&#233; sur Rue89Lyon, un entretien avec Yannick Chevalier, Ma&#238;tre de conf&#233;rences en grammaire et stylistique fran&#231;aise et vice-pr&#233;sident en charge de l'&#233;galit&#233; et de la vie citoyenne &#224; l'Universit&#233; Lyon 2, qui d&#233;fend une &#233;criture inclusive, non discriminante et contre-argumente volontiers. En six points. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. &#171; Ecrire au masculin et au f&#233;minin, c'est une question accessoire/secondaire &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Yannick Chevalier : On trouve cette id&#233;e sous la plume des conservateur/trices, mais &#233;galement dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/" rel="directory"&gt;L'ECRITURE INCLUSIVE OU EPICENE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;trouv&#233; sur Rue89Lyon, un entretien avec Yannick Chevalier, Ma&#238;tre de conf&#233;rences en grammaire et stylistique fran&#231;aise et vice-pr&#233;sident en charge de l'&#233;galit&#233; et de la vie citoyenne &#224; l'Universit&#233; Lyon 2, qui d&#233;fend une &#233;criture inclusive, non discriminante et contre-argumente volontiers. En six points.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. &#171; Ecrire au masculin et au f&#233;minin, c'est une question accessoire/secondaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yannick Chevalier :&lt;/strong&gt; On trouve cette id&#233;e sous la plume des conservateur/trices, mais &#233;galement dans certains discours f&#233;ministes : &#171; Plut&#244;t que s'occuper d'orthographe, on ferait mieux de lutter contre les violences faites aux femmes ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cependant un argument qui fait diversion : parce que le discours misogyne n'ose plus se dire explicitement, il cherche plut&#244;t &#224; hi&#233;rarchiser, &#224; contester les priorit&#233;s de l'agenda politique en faveur de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. Plut&#244;t les violences conjugales que la grammaire. Certes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste que la question d'une langue &#224; m&#234;me de rendre visible ce progr&#232;s majeur qu'est la place actuelle des femmes dans notre soci&#233;t&#233; n'est pas sans enjeux. La mani&#232;re dont nous parlons bride notre imaginaire, elle donne une forme &#224; nos modes de pens&#233;e. Employer une langue dans laquelle les femmes n'apparaissent pas, c'est amputer la r&#233;flexion et l'intelligence que nous pouvons avoir de la r&#233;alit&#233; sociale. En particulier, dans les textes r&#233;dig&#233;s de mani&#232;re non discriminante, accorder une &#233;gale attention aux hommes et aux femmes dont on parle, c'est s'astreindre &#224; penser la mixit&#233;, la diversit&#233;. C'est mettre aussi en &#233;vidence les lieux, les m&#233;tiers, les situations o&#249; femmes et hommes ne disposent pas encore, ou pas toujours, d'un traitement identique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, au fil du XIXe si&#232;cle en France, les hommes, tous les hommes, ont acc&#233;d&#233; au droit de vote, on parlait de &#171; suffrage universel &#187; : c'&#233;tait oublier que les femmes en &#233;taient exclues. D'o&#249;, dans la pratique des historien.nes actuel.les, le recours &#224; l'expression &#171; suffrage universel masculin &#187; pour d&#233;crire l'extension progressive des droits &#233;lectoraux : cette mani&#232;re de dire est plus rigoureuse, et surtout elle ne fait pas l'impasse sur les limites de l'universel tel qu'il &#233;tait con&#231;u au XIXe si&#232;cle en France. Un projet politique tel que l'&#233;galit&#233; r&#233;publicaine a tout &#224; gagner &#224; se formuler aujourd'hui au f&#233;minin et au masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#171; En grammaire, le masculin l'emporte sur le f&#233;minin ou le masculin est un neutre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y.C. : &lt;/strong&gt; Cet argument t&#233;moigne de la passion fran&#231;aise pour la grammaire. Malheureusement, il s'agit d'une grammaire tr&#232;s appauvrie, r&#233;duite &#224; quelques trucs appris &#224; l'&#233;cole pour savoir orthographier notre langue. Heureusement, notre langue est plus riche que cela. Et mieux conna&#238;tre son histoire devrait nous inciter &#224; la prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, d'o&#249; vient que &#171; le masculin l'emporte sur le f&#233;minin &#187; ? D'une d&#233;cision autoritaire, prise au XVIIe si&#232;cle, &#224; un moment o&#249; le pouvoir monarchique d&#233;veloppe une politique de concentration des pouvoirs : la monarchie devant &#234;tre absolue, sa puissance doit s'&#233;tendre jusque sur la langue. D'o&#249; le r&#244;le d&#233;volu &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise de &#171; rendre plus pure &#187; notre langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Rendre plus pur &#187; le fran&#231;ais, cela consistait &#224; uniformiser les pratiques, &#224; standardiser les usages. Jusqu'alors, les (quelques) personnes qui &#233;crivaient tendaient &#224; accorder soit au masculin, soit avec le terme le plus proche. Ainsi, Racine, dans Iphig&#233;nie (1674), &#233;crit : &#171; Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute pr&#234;te &#187; (en fran&#231;ais moderne, on &#233;crirait : &#171; mais le fer, le bandeau, la flamme sont tous pr&#234;ts &#187;). Les grammairiens eux-m&#234;mes remarquent que l'on dit : &#171; Ce peuple a le c&#339;ur et la bouche ouverte &#224; vos louanges &#187;. Mais ils veulent imposer un changement. Vaugelas, dans ses Remarques sur la langue fran&#231;aise (1647), &#233;crit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; il faudrait dire ouverts [&#8230;] pour une raison qui semble &#234;tre commune &#224; toutes les langues, que le genre masculin &#233;tant le plus noble, doit pr&#233;dominer toutes les fois que le masculin et le f&#233;minin se trouvent ensemble &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La raison avanc&#233;e n'est pas davantage d&#233;velopp&#233;e, et se garde bien d'expliquer pourquoi le masculin serait plus noble que le f&#233;minin. En r&#233;alit&#233;, il s'agissait bien d'imposer une sup&#233;riorit&#233; des hommes sur les femmes, tout comme la noblesse se pensait comme l'emportant sur le peuple. Le nouvel ordre social devait &#234;tre lisible aussi dans la langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet interventionnisme politique sur la mani&#232;re de parler des gens a, du reste, provoqu&#233; de nombreuses protestations. Ainsi de l'anecdote suivante, rapport&#233;e par l'&#233;crivain Gilles M&#233;nage dans ses M&#233;moires (1729) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Madame de S&#233;vign&#233; s'informant de ma sant&#233;, je lui dis : &#8216;&#8216;Madame, je suis enrhum&#233;''. &#8211; &#8216;&#8216;Je la suis aussi'', me dit-elle. &#8211; &#8216;&#8216;Il me semble, Madame, que selon les r&#232;gles de notre langue, il faudrait dire : je le suis''. &#8211; &#8216;&#8216;Vous direz comme il vous plaira'', ajouta-t-elle, &#8216;&#8216;mais pour moi, je croirais avoir de la barbe au menton si je disais autrement''. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; ces r&#233;sistances, la r&#232;gle du masculin qui l'emporte s'est progressivement impos&#233;e, et aujourd'hui plus personne n'a conscience de parler une langue qui a &#233;t&#233; volontairement masculinis&#233;e. Cette entreprise de masculinisation a en particulier &#233;t&#233; mise en &#339;uvre, et accompagn&#233;e par l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, une des rares institutions royales qui survit encore aujourd'hui dans notre r&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut cependant ne pas donner dans ce consensus h&#233;rit&#233;, et dans le contexte d&#233;mocratique qui est le n&#244;tre, ne pas prendre pour argent comptant une d&#233;cision grammaticale qui repose sur des pr&#233;jug&#233;s politiquement hors d'&#226;ge. Nous avons d&#233;velopp&#233; cette id&#233;e dans le livre&#171; L'Acad&#233;mie contre la langue fran&#231;aise &#187;, qui est paru l'ann&#233;e derni&#232;re aux Editions iXe : les lecteur/trices y trouveront toutes les pi&#232;ces du dossier, le discours des acad&#233;miciens et les contre-arguments qu'on peut lui opposer. Chacun.e se fera juge de la l&#233;gitimit&#233;, dans cette affaire, de l'Acad&#233;mie, de la suffisance de ses prises de parole, et de l'insuffisance de ses justifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. &#171; Ecrire &#171; Les Fran&#231;ais.es &#187;, &#171; les &#233;lecteur/trices &#187;, ce n'est pas beau &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiret, point ou barre oblique : comment inclure les femmes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour marquer l'alternance masculin/f&#233;minin, il n'y a pas de r&#232;gle qui fait l'unanimit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Ville de Lyon promeut le tiret (habitant-es) et le Haut conseil &#224; l'&#233;galit&#233; le point (hatitant.e.s).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au linguiste&lt;strong&gt; Yannick Chevalier&lt;/strong&gt;, voici le principe qu'il adopte (et qui est en vigueur &#224; Lyon 2) : &lt;br class='autobr' /&gt;
1- lorsqu'il suffit d'ajouter un &#171; e &#187;, on emploie un point : &#233;tudiant.e, professeur.e, un.e&lt;br class='autobr' /&gt;
2- lorsqu'il y a une alternance de syllabe, on emploie la barre oblique : directeur/trice, sportif/ive, le/la&lt;br class='autobr' /&gt;
3- la marque du pluriel, comme c'est habituel en fran&#231;ais, se met en fin de mot : un.e &#233;tudiant.e &gt; les &#233;tudiant.es. Bref, la route est encore longue pour avoir un protocole r&#233;dactionnel unifi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'argument de l'esth&#233;tisme, l&#224; encore, ne tient pas longtemps quand on conna&#238;t un tant soit peu l'histoire de notre langue. Le code orthographique que nous utilisons aujourd'hui est tr&#232;s r&#233;cent : il date de la R&#233;volution, et il s'est r&#233;pandu &#224; la faveur de la scolarisation obligatoire avec les lois sur l'Ecole de la IIIe R&#233;publique, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que nous trouvons beau, c'est ce &#224; quoi nous sommes habitu&#233;.es : pour le dire autrement, nous investissons d'une valeur esth&#233;tique ce qui nous semble aller de soi. Et, parce que les &#233;diteurs (nul besoin de parler d'&#233;ditrices : les femmes &#233;taient l&#233;galement exclues de ce corps de m&#233;tier), &#224; l'&#233;poque contemporaine, ont pris l'habitude de &#171; moderniser &#187; notre orthographe, nous croyons aujourd'hui que le fran&#231;ais s'&#233;crit aujourd'hui comme il s'&#233;crivait au XVIIe si&#232;cle. &#171; Moderniser &#187;, ce n'est jamais qu'imposer aux textes de jadis des pratiques de nagu&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour se faire une id&#233;e de la &#171; beaut&#233; &#187;, ou plut&#244;t, des beaut&#233;s de notre langue, il suffit d'aller sur le site Gallica, de la Biblioth&#232;que nationale de France, et de consulter les &#233;ditions originales de nos grands classiques : tout le monde pourra constater que l'orthographe du fran&#231;ais n'a cess&#233; de se transformer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que nous vivions actuellement dans un syst&#232;me qui s'est fig&#233; depuis un si&#232;cle ne saurait &#234;tre une raison suffisante pour maintenir le statut quo en mati&#232;re de langue : la place et le droit des femmes a &#233;volu&#233; depuis 100 ans, la langue peut et doit &#233;voluer aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. &#171; &#199;a ralentit la lecture, &#231;a alourdit les textes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y.C. : &lt;/strong&gt; L'id&#233;e est, d'une certaine mani&#232;re, assez amusante, car elle est avanc&#233;e par ceux et celles-l&#224; m&#234;me qui s'arc-boutent sur des graphies qui alourdissent aussi : &#224; quoi sert le &#171; th &#187; et le &#171; ph &#187; dans orthographe, alors m&#234;me que, &#224; l'instar de l'espagnol ou de l'italien, on pourrait all&#233;ger (et acc&#233;l&#233;rer la lecture) : ortografe ? Les adversaires de toute perspective r&#233;formiste en mati&#232;re de langue devraient polir leur argument&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus s&#233;rieusement, de nombreuses exp&#233;riences ont &#233;t&#233; conduites en psychologie sociale et en linguistique de l'&#233;crit depuis 20 ans sur la vitesse de lecture de francophones &#224; qui on demande de lire un texte r&#233;dig&#233; de mani&#232;re non discriminante : si les performances sont en effet ralenties pendant les cinq premi&#232;res minutes, le rythme de lecture et de compr&#233;hension redevient normal apr&#232;s ce temps d'acclimatation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux : d'autres &#233;tudes montrent que des noms de m&#233;tiers orthographi&#233;s au masculin ET au f&#233;minin am&#233;liorent sensiblement les r&#233;sultats aux tests d'auto-efficacit&#233; : les nouvelles graphies rassurent aussi bien les hommes que les femmes sur leurs chances de succ&#232;s dans telle ou telle profession.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres tests sur les performances orthographiques (avec les questions d'accord nom/adjectif, sujet/verbe) tranchent aussi en faveur des nouveaux protocoles r&#233;dactionnels qui font baisser le nombre d'erreurs &#224; l'&#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout concourt donc &#224; contredire les positions actuellement h&#233;g&#233;moniques en faveur d'une pr&#233;servation de l'orthographe h&#233;rit&#233;e : ce conservatisme en mati&#232;re de langue est tr&#232;s &#233;tonnant, surtout quand on le compare aux politiques linguistiques d'autres pays francophones, vis-&#224;-vis desquels la France a pris un retard consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. &#171; F&#233;miniser les noms de m&#233;tiers, c'est leur faire perdre du prestige &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y.C. : &lt;/strong&gt; L'argument peut s'entendre : parler de &#171; ma&#238;tresse de conf&#233;rence &#187;, d'&#171; entra&#238;neuse &#187;, de &#171; professionnelle &#187; peut faire sourire certain.es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'on y prenne garde : pourquoi &#171; ouvri&#232;re &#187;, &#171; boulang&#232;re &#187;, &#171; paysanne &#187; ne donnent pas lieu &#224; de tels sous-entendus &#233;grillards et ne paraissent pas ridicules ? Tout simplement parce que, dans le d&#233;j&#224; ancien d&#233;bat sur la f&#233;minisation des noms de m&#233;tiers, titres, grades et fonctions, seules les professions socialement valoris&#233;es sont concern&#233;es : l&#224; encore, le discours repose sur un conservatisme qui ne dit pas son nom, et qui tol&#232;re parfaitement les f&#233;minins des m&#233;tiers peu reconnus et lance des anath&#232;mes lorsqu'il s'agit de parler de &#171; pr&#233;sidentes &#187;, de &#171; b&#226;tonni&#232;res &#187; ou de &#171; chanceli&#232;res &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; croire que ce qui g&#234;ne, ce ne sont pas les mots, mais bien le fait que les femmes ont conquis le droit d'exercer tous les m&#233;tiers, et d'occuper des fonctions de pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, il ne s'agit pas de condamner celles des femmes qui, pionni&#232;res dans tel ou tel m&#233;tier, souhaitent se faire appeler avec des titres masculins (au risque de l'incoh&#233;rence syntaxique : &#171; Madame le maire &#187;, &#171; Le nouveau recteur est en cong&#233; maternit&#233; &#187;). Mais le principe g&#233;n&#233;ral et la logique de la langue restent &#224; d&#233;fendre : pour nommer les femmes, employer le f&#233;minin et pour nommer les hommes, employer le masculin. Recourir &#224; d'autres r&#232;gles ne fait qu'obscurcir le propos, et invisibiliser l'accession des femmes aux plus hautes fonctions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au ridicule, il n'y a gu&#232;re de raison de s'en inqui&#233;ter. Comme le dit Marc Fumaroli, de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise : &#171; Le ridicule peut tr&#232;s bien rendre odieux demain ce qui veut passer aujourd'hui pour une fatalit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
6. &#171; Est-ce que j'ai le droit d'&#233;crire comme &#231;a ? Est-ce que je peux dire cela ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y.C. : &lt;/strong&gt; Le facteur d&#233;cisif pour expliquer le statu quo actuel est celui-l&#224; : les francophones, ou plut&#244;t les sujets parlants qui vivent en France m&#233;tropolitaine, ne se sentent plus autoris&#233;.es, ou l&#233;gitimes, pour faire &#233;voluer leur langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cas d'innovation, ou d'&#233;cart par rapport &#224; la r&#232;gle, nous prenons en effet le risque de tout un tas de sanctions sociales : celui-ci fait des &#171; fautes &#187;, celle-l&#224; a un accent ridicule&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cole, les m&#233;dias, notre environnement culturel entretiennent les gens dans un sentiment d'ins&#233;curit&#233; linguistique tr&#232;s puissant. Par &#171; ins&#233;curit&#233; linguistique &#187;, il faut comprendre : sentiment de ne pas bien parler, de mal &#233;crire. Nous vivons dans la peur de la faute. C'est tout un vocabulaire emprunt&#233; &#224; la morale (chr&#233;tienne) qui est employ&#233; quand nous formulons des jugements en mati&#232;re de langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation actuelle, en France, est celle d'une crispation identitaire, o&#249; les sujets parlants s'identifient pathologiquement &#224; une langue (voir, par exemple, l'hyst&#233;rique #Touche pas &#224; mon circonflexe !) que, par ailleurs, ils et elles pensent ne pas savoir &#233;crire et parler correctement. On retrouve toujours cette id&#233;e qu'il n'existe qu'une norme, qu'un bon usage, qu'il faudrait incarner en toute circonstance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle vari&#233;t&#233; pourtant : les expressions qu&#233;b&#233;coises, les innovations lexicales du fran&#231;ais d'Afrique, la richesse des fran&#231;ais r&#233;gionaux, toutes ces francophonies inventives montrent que le fran&#231;ais n'est pas encore une langue morte, qu'il peut &#233;voluer, et qu'il sait s'adapter &#224; de nouvelles r&#233;alit&#233;s. D&#232;s lors que les interdits moraux, les normes sociales et les conservatismes politiques s'assouplissent, les sujets parlants retrouvent le go&#251;t de la langue, le plaisir de la parole, et le d&#233;sir d'une expression plus juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mergence de ces protocoles r&#233;dactionnels qui affichent aussi bien la pr&#233;sence des hommes que des femmes dans la vie publique participe donc de la vie d'une langue : quand la soci&#233;t&#233; &#233;volue, la langue &#233;volue aussi. Freiner ces &#233;volutions, c'est prendre le risque que le fran&#231;ais s'&#233;tiole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rue89lyon.fr/2017/03/07/6-arguments-pour-inclure-les-femmes-dans-votre-langage/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rue89lyon.fr/2017/03/07/6-arguments-pour-inclure-les-femmes-dans-votre-langage/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2016, des rues des Pentes de la Croix-Rousse ont &#233;t&#233; re-baptis&#233;es du nom de femmes engag&#233;es pour leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>l'&#233;criture &#233;pic&#232;ne &#224; Gen&#232;ve</title>
		<link>https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/article/l-ecriture-epicene-a-geneve</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Outils du soin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'universit&#233; de Gen&#232;ve, ou UNIGE, par son service &#034;Egalit&#233;&#034; propose des guides pour faire &#233;voluer l'&#233;criture dans un sens non sexiste. &lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;face au guide &#034;&#233;crire les genres&#034; de Liliane Maury-Pasquier, Conseill&#232;re nationale (Suisse) : &#034;Dieu, merci ! La langue n'est ni une science exacte ni un lieu d'application de th&#233;ories imagi&#173;n&#233;es en laboratoire. Elle est le miroir de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, de ses m&#339;urs et de son organisation et se doit donc d'&#234;tre le reflet des &#234;tres humains qui la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/" rel="directory"&gt;L'ECRITURE INCLUSIVE OU EPICENE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'universit&#233; de Gen&#232;ve, ou UNIGE, par son service &#034;Egalit&#233;&#034; propose des guides pour faire &#233;voluer l'&#233;criture dans un sens non sexiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;face au guide &#034;&#233;crire les genres&#034; de Liliane Maury-Pasquier, Conseill&#232;re nationale (Suisse) :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;Dieu, merci ! La langue n'est ni une science exacte ni un lieu d'application de th&#233;ories imagi&#173;n&#233;es en laboratoire. Elle est le miroir de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, de ses m&#339;urs et de son organisation et se doit donc d'&#234;tre le reflet des &#234;tres humains qui la parlent. Et si j'en appelle &#224; des puissances sup&#233;rieures, c'est qu'il est parfois difficile voire d&#233;courageant de compter sur l'ouverture et les capacit&#233;s d'adaptation des personnes &#8211; femmes et hommes &#8211; qui se font les gardiennes d'une langue de mus&#233;e ou d'acad&#233;mie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, la t&#233;nacit&#233; finit toujours par &#234;tre payante. Gr&#226;ce &#224; la lutte intense men&#233;e tant au sein des chambres f&#233;d&#233;rales que devant le grand public, la nouvelle constitution f&#233;d&#233;rale, entr&#233;e en vigueur au d&#233;but de l'an dernier, tient compte dans ses grandes lignes des principes de la formulation non sexiste, m&#234;me en fran&#231;ais : la chanceli&#232;re y c&#244;toie la conseill&#232;re f&#233;d&#233;rale et la juge et les citoyens partagent les droits et devoirs des citoyennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me engagement a aussi permis, en juin 2000, l'adoption par le Conseil national d'un postulat que j'avais d&#233;pos&#233; pour demander, de la part du Conseil f&#233;d&#233;ral comme de son administration, l'application des recommandations contenues dans le rapport d'un groupe de travail interd&#233;partemental de la Conf&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me qui date de 1991 d&#233;j&#224;. En 10 ans, les besoins sont toujours les m&#234;mes : dans tous les actes l&#233;gislatifs applicables indiff&#233;remment aux hommes et aux femmes, il convient d'opter pour une terminologie qui ne fasse pas de &lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rence entre les sexes et qui contribue &#224; atteindre l'&#233;galit&#233; des droits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste maintenant &#224; faire ce qui est certainement le plus dur : convaincre celles et ceux qui r&#233;digent les textes l&#233;gislatifs et administratifs de la l&#233;gitimit&#233; du but &#224; atteindre et leur donner des outils concrets pour pouvoir le faire. C'est &#224; cela que va contribuer ce guide et je m'en r&#233;jouis.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1208 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.outilsdusoin.fr/IMG/pdf/charte_epicene_ge_ecrire_genres.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1728350184' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;ecrire les genres
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire, la litt&#233;rature, l'art, les m&#233;dias et l'universit&#233; peinent &#224; c&#233;l&#233;brer les figures f&#233;minines. Les grands personnages sont g&#233;n&#233;ralement des hommes, &#233;tat de fait qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscrire femmes et hommes dans les textes d'une mani&#232;re &#233;pic&#232;ne - non sexiste - &#233;quitable pour que la mixit&#233; professionnelle et l'excellence se conjuguent dans la soci&#233;t&#233; actuelle. L'Universit&#233; de Gen&#232;ve, engag&#233;e en faveur de l'&#233;galit&#233;, encourage la communaut&#233; universitaire &#224; montrer la voie. Il y a par ailleurs la charte d'&#233;thique et de d&#233;ontologie qui d&#233;taille les comportements &#224; adopter dans notre institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il est recommand&#233; de concevoir les documents d'embl&#233;e comme &#233;tant destin&#233;s &#224; des femmes et &#224; des hommes afin que chacun et chacune se sentent pareillement consid&#233;r&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler ici que les usages du langage &#233;crit, imag&#233; ou parl&#233; font partie des outils assurant l'accession &#224; l'&#233;galit&#233; de droit et de fait entre les femmes et les hommes, principe inscrit dans la Constitution suisse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1209 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.outilsdusoin.fr/IMG/pdf/charte_epicene_chancelerie_guide_formulation_non_sexiste.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 744.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1728350184' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;guide de formulation non sexiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unige.ch/rectorat/egalite/ancrage/epicene/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unige.ch/rectorat/egalite/ancrage/epicene/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel d'&#233;criture inclusive</title>
		<link>https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/article/manuel-d-ecriture-inclusive</link>
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		<dc:date>2017-04-15T16:02:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Outils du soin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le petit manuel ci-joint aidera peut-&#234;tre certain.e.s d'entre nous &#224; comprendre pourquoi travailler notre fa&#231;on d'&#233;crire est une fa&#231;on n&#233;cessaire de travailler les dominations qui nous traversent et notamment les dominations de genre... Au plaisir d'en rediscuter avec vous toutes et tous. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Le discours n'est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les syst&#232;mes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche &#224; s'emparer &#187; : reprenant &#224; notre tour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/l-ecriture-inclusive-ou-epicene/" rel="directory"&gt;L'ECRITURE INCLUSIVE OU EPICENE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le petit manuel ci-joint aidera peut-&#234;tre certain.e.s d'entre nous &#224; comprendre pourquoi travailler notre fa&#231;on d'&#233;crire est une fa&#231;on n&#233;cessaire de travailler les dominations qui nous traversent et notamment les dominations de genre... Au plaisir d'en rediscuter avec vous toutes et tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le discours n'est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les syst&#232;mes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche &#224; s'emparer &#187; : reprenant &#224; notre tour cette id&#233;e formul&#233;e par Michel Foucault dans &lt;i&gt;L'ordre du discours&lt;/i&gt;, nous consid&#233;rons au sein de l'agence de communication d'influence Mots-Cl&#233;s que le discours n'est pas simplement un instrument de l'influence, mais bien le lieu de l'influence. Que c'est par la capacit&#233; &#224; imposer ses mots, ses expressions et ses narratifs, que l'on exerce pleinement son influence. &lt;br class='autobr' /&gt;
(-)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours condense ainsi les transformations en cours au sein d'une soci&#233;t&#233; : il les refl&#232;te certes, mais les configure &#233;galement. En ce sens, il t&#233;moigne et participe &#224; la construction et la perp&#233;tuation d'in&#233;galit&#233;s et de st&#233;r&#233;otypes de sexe, tel&#183;le&#183;s que nous les observons au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par un travail sur les mots que nous avons d&#233;cid&#233; &#224; notre tour de nous engager en faveur de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre approche : l'&#233;criture inclusive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture inclusive d&#233;signe l'ensemble des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d'assurer une &#233;galit&#233; de repr&#233;sentations des deux sexes. Concr&#232;tement, cela signifie notamment : renoncer au masculin g&#233;n&#233;rique (&#171; des acteurs du d&#233;veloppement durable &#187;), &#224; la primaut&#233; du masculin sur le f&#233;minin dans les accords en genre (&#171; des hommes et des femmes sont all&#233;s &#187;), ainsi qu'&#224; un ensemble d'autres conventions largement int&#233;rioris&#233;es par chacun et chacune d'entre nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1207 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.outilsdusoin.fr/IMG/pdf/manuel_d_ecriture_inclusive.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 623 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1728350184' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;manuel d'&#233;criture inclusive
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Manuel d'&#233;criture inclusive&lt;br class='autobr' /&gt;
dirig&#233; par Rapha&#235;l Haddad&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ditions Mots-cl&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>


 
	


 
	

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