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	<title>Les outils du soin</title>
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		<title>Les outils du soin</title>
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		<title>Les m&#233;dicaments anti-Alzheimer vont pouvoir continuer &#224; ruiner la sant&#233; des patients </title>
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		<dc:date>2016-11-02T08:01:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Nicot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article est la reproduction d'un article original paru en ligne dans The Conversation http://theconversation.com/les-medicaments-anti-alzheimer-vont-pouvoir-continuer-a-ruiner-la-sante-des-patients-67570 &lt;br class='autobr' /&gt;
La ministre de la Sant&#233; vient d'annoncer, le 26 octobre sur RTL, qu'elle ne suivrait pas la Haute autorit&#233; de sant&#233; (HAS) dans sa recommandation de d&#233;rembourser les m&#233;dicaments contre la maladie d'Alzheimer. La d&#233;cision de Marisol Touraine peut passer, &#224; premi&#232;re vue, pour une bonne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/prevention-quaternaire/" rel="directory"&gt;Pr&#233;vention Quaternaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article est la reproduction d'un article original paru en ligne dans The Conversation&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://theconversation.com/les-medicaments-anti-alzheimer-vont-pouvoir-continuer-a-ruiner-la-sante-des-patients-67570&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://theconversation.com/les-medicaments-anti-alzheimer-vont-pouvoir-continuer-a-ruiner-la-sante-des-patients-67570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre de la Sant&#233; vient d'annoncer, le 26 octobre sur RTL, qu'elle ne suivrait pas la Haute autorit&#233; de sant&#233; (HAS) dans sa recommandation de d&#233;rembourser les m&#233;dicaments contre la maladie d'Alzheimer. La d&#233;cision de Marisol Touraine peut passer, &#224; premi&#232;re vue, pour une bonne nouvelle. Ce n'est pas cette fois qu'on r&#233;alisera des &#233;conomies sur notre dos, se disent sans doute certains patients et leurs proches&#8230; En fait, ce qui se passe est bien pire. Le choix de la ministre revient &#224; jouer dangereusement avec la sant&#233; des personnes touch&#233;es par cette maladie neurod&#233;g&#233;n&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La HAS, autorit&#233; publique ind&#233;pendante, a rendu le 21 octobre un verdict sans appel, via sa Commission de la transparence. Les quatre m&#233;dicaments sp&#233;cifiques de la maladie d'Alzheimer ont un service m&#233;dical rendu &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187;, n'autorisant pas leur remboursement. Dit clairement : ils ne sont pas utiles car ils suscitent trop d'effets secondaires pour un b&#233;n&#233;fice non av&#233;r&#233;. Jusqu'ici, ces traitements b&#233;n&#233;ficiaient d'une cotation en service m&#233;dical rendu (SMR) &#171; faible &#187;, synonyme d'un remboursement &#224; 15 % par l'Assurance maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission pointe, pour ces m&#233;dicaments, leur &#171; &lt;i&gt; efficacit&#233; au mieux modeste associ&#233;e &#224; leur mauvaise tol&#233;rance&lt;/i&gt; &#187;, insistant sur &#171; &lt;i&gt; la n&#233;cessit&#233; d'une prise en charge globale des patients et des aidants int&#233;grant des approches non m&#233;dicamenteuses &lt;/i&gt; &#187;. Elle estime que &#171; &lt;i&gt;l'int&#233;r&#234;t de ces m&#233;dicaments est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarit&#233; nationale&lt;/i&gt; &#187;. Dans son communiqu&#233; &#224; la presse, la HAS enfonce le clou :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Au regard de l'absence de pertinence clinique de l'efficacit&#233; de ces m&#233;dicaments et des risques de survenue d'effets ind&#233;sirables, la HAS consid&#232;re que ces m&#233;dicaments n'ont plus de place dans la strat&#233;gie th&#233;rapeutique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dicaments concern&#233;s sont le don&#233;p&#233;zil (Aricept, du laboratoire Eisai), la m&#233;mantine (Ebixa, de Lundbeck), la rivastigmine (Exelon, de Novartis) et la galantamine (Reminyl, de Janssen-Cilag), ainsi que leurs g&#233;n&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une maltraitance envers des patients vuln&#233;rables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenir le remboursement de ces traitements, donc leur prescription par les m&#233;decins, c'est en r&#233;alit&#233; exposer les patients &#224; des effets secondaires parfois tr&#232;s graves. Ces m&#233;dicaments peuvent en effet susciter des troubles du rythme cardiaque et rendre n&#233;cessaire, par la suite, la pose de pacemaker. Ils peuvent provoquer des chutes, donc des fractures du col du f&#233;mur qui se termineront par la pose de proth&#232;se totale de hanche. Tol&#233;rer de tels effets secondaires en l'absence de b&#233;n&#233;fice constitue une maltraitance envers des patients particuli&#232;rement vuln&#233;rables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les interrogations sur les anti-Alzheimer ne sont d'ailleurs pas neuves. Le travail men&#233; par la HAS constitue la troisi&#232;me r&#233;&#233;valuation, les pr&#233;c&#233;dentes datant de 2007 et 2011. Cette fois, le d&#233;bat scientifique est clos. D&#232;s lors, comment comprendre que la ministre de la Sant&#233; remette &#224; plus tard, voire &#224; jamais, leur d&#233;remboursement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'a d&#233;clar&#233; Marisol Touraine, invit&#233;e sur RTL le 26 octobre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Je suis sensible au fait que les malades aujourd'hui n'ont pas de dispositifs de prise en charge et donc ce que je veux, c'est mettre en place un parcours de soins, un protocole de soins &#233;labor&#233; par les scientifiques en lien avec les associations de patients. Tant que ce protocole de soins ne sera pas &#233;labor&#233; et mis en &#339;uvre, la question du d&#233;remboursement ne peut pas et ne doit pas se poser. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mauvaise r&#233;ponse &#224; une bonne question&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marisol Touraine dit r&#233;pondre aux associations de patients comme France Alzheimer, inqui&#232;tes &#224; l'id&#233;e que les malades puissent renoncer &#224; venir consulter un m&#233;decin qui ne leur prescrira aucun comprim&#233;. On retrouve derri&#232;re les mots de la ministre la position des d&#233;fenseurs de ces m&#233;dicaments quant &#224; un effet dit &#171; &lt;i&gt;structurant &lt;/i&gt; &#187; pour la prise en charge. Soit. Si l'argument est recevable, la d&#233;cision de la ministre appara&#238;t comme la mauvaise r&#233;ponse &#224; une bonne question. Il est aberrant de se rendre chez son m&#233;decin pour que celui-ci observe la survenue d'effets secondaires d'un m&#233;dicament inefficace. Et il suffit de remonter le temps pour s'apercevoir que de semblables reculades se sont produites pour d'autres m&#233;dicaments, au moment de proc&#233;der &#224; leur d&#233;remboursement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux fois, d&#233;j&#224;, une cotation en service m&#233;dical rendu &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; adopt&#233;e, en pure perte, pour un m&#233;dicament. En 1999, la Commission de la transparence conclut &#224; un SMR &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187; pour&#8230; le M&#233;diator. Le ministre &#171; &lt;i&gt;omet &lt;/i&gt; &#187; de d&#233;rembourser cet antidiab&#233;tique. On conna&#238;t la suite, le scandale sanitaire survenu en 2009. Outre les milliers de victimes, mortes ou gravement bless&#233;es, c'est tout le syst&#232;me de surveillance sanitaire qui s'est retrouv&#233; montr&#233; du doigt. Il a &#233;t&#233; en partie revu depuis. De nouvelles r&#232;gles ont &#233;t&#233; fix&#233;es pour rendre les &#233;valuations des m&#233;dicaments plus transparentes et mieux tenir compte des conflits d'int&#233;r&#234;ts. Cependant, la confiance des citoyens dans leur syst&#232;me sanitaire a &#233;t&#233; entam&#233;e, et pour longtemps. Ne pas avoir d&#233;rembours&#233; le Mediator en 1999 s'est donc r&#233;v&#233;l&#233;, pour le moins, un mauvais calcul politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des m&#233;dicaments contre l'hypertension art&#233;rielle bient&#244;t d&#233;rembours&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous, en avril 2015, les m&#233;dicaments contre l'hypertension art&#233;rielle contenant de l'olm&#233;sartan, les plus courants, ont &#233;t&#233; d&#233;grad&#233;s en SMR &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187;. En effet, ils font courir le risque d'un effet secondaire rare mais tr&#232;s grave, l'ent&#233;ropathie. Il s'agit d'une affection du tube digestif qui entra&#238;ne de fortes diarrh&#233;es et la perte de plusieurs dizaines de kilos. Un d&#233;lai d'un an a &#233;t&#233; fix&#233; de mani&#232;re &#224; ce que les patients concern&#233;s puissent se voir prescrit un autre m&#233;dicament de la m&#234;me classe n'ayant pas cet effet ind&#233;sirable. Cependant, l'information est pass&#233;e totalement inaper&#231;ue et ceux-ci continuent &#224; &#234;tre prescrits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette absence de r&#233;action est tout b&#233;n&#233;fice pour les firmes pharmaceutiques. Mieux, elles en ont m&#234;me tir&#233; argument pour demander et obtenir un d&#233;lai suppl&#233;mentaire ! Deux d'entre elles, Menarini et Daiichi Sankyo, ont en effet d&#233;pos&#233; un recours devant le Conseil d'&#201;tat. La plus haute juridiction administrative a conclu que si ces m&#233;dicaments n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;prescrits comme attendu, c'est qu'ils sont encore n&#233;cessaires. Elle a donc d&#233;cid&#233; de retarder leur d&#233;remboursement, pr&#233;vu initialement pour le 3 juillet 2016, au 2 janvier 2017. Six mois de b&#233;n&#233;fices gagn&#233;s pour les fabricants. Et six mois de risques qu'on sait pourtant &#233;vitables, pour des patients qui prennent encore ce traitement actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cr&#233;ter un SMR &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187; est donc, en soi, un signal fort adress&#233; tant aux m&#233;decins qu'&#224; leurs patients. Ces deux publics devraient &#234;tre inform&#233;s largement quand un tel d&#233;classement survient. Les patients ou leurs familles doivent aussit&#244;t demander &#224; ce que ces m&#233;dicaments soient arr&#234;t&#233;s. Et les m&#233;decins, d&#233;prescrire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La position &#233;tonnante de Xavier Bertrand&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir aux anti-Alzheimer, le dossier n'a pas fini de r&#233;server des surprises. Ainsi, de la position du pr&#233;sident de la r&#233;gion Hauts-de-France, Xavier Bertrand. D&#233;j&#224;, en 2011, l'ancien ministre de la Sant&#233; avait affirm&#233; qu'il maintiendrait le remboursement de ces m&#233;dicaments m&#234;me s'ils &#233;taient class&#233;s en SMR &#171; &lt;i&gt;insuffisant &lt;/i&gt; &#187;. Il vient de r&#233;affirmer cette position via son compte Twitter :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Je reste oppos&#233; &#224; ce d&#233;remboursement. Les patients victimes d'Alzheimer doivent &#234;tre pris en charge &#224; 100 %.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Xavier Bertrand est-il mal inform&#233; sur les risques inutiles li&#233;s &#224; ces m&#233;dicaments ? Il a manifestement oubli&#233;, en tout cas, les engagements pris par le minist&#232;re de la Sant&#233; alors qu'il &#233;tait en fonction, en 2007. Le plan solidarit&#233; grand &#226;ge 2007-2012 pr&#233;voyait en effet une enveloppe de 510 millions d'euros sur 5 ans pour atteindre, dans les &#233;tablissements accueillant des patients Alzheimer, le ratio d'un professionnel pour un r&#233;sident. Car tant que les scientifiques n'ont pas mis au point des m&#233;dicaments efficaces, c'est d'attention dont les malades ont besoin. Or l'attention, c'est du temps. Et le temps, c'est du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;vons un peu : et si l'argent &#233;conomis&#233; sur les m&#233;dicaments inutiles pour combattre Alzheimer servait &#224; financer du temps utile pass&#233; par les soignants aupr&#232;s des patients ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne sommes pas dans l'utopie, puisque la Cour des comptes a indiqu&#233; la voie d&#232;s f&#233;vrier 2013 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Les financements qui sont consacr&#233;s [&#224; ces m&#233;dicaments] pourraient &#234;tre, le cas &#233;ch&#233;ant, affect&#233;s &#224; d'autres priorit&#233;s, comme la recherche ou l'accompagnement des malades et de leurs aidants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Davantage d'aides-soignantes aupr&#232;s des malades&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, comment un tel transfert pourrait-il &#234;tre r&#233;alis&#233; ? Une fois le d&#233;remboursement des anti-Alzheimer adopt&#233; par d&#233;cret, le minist&#232;re r&#233;digerait un correctif de la loi de financement de la s&#233;curit&#233; sociale. L'&#233;conomie r&#233;alis&#233;e sur les m&#233;dicaments, soit 150 millions d'euros sur l'ann&#233;e, serait bascul&#233;e dans la ligne comptable des personnels en &#233;tablissements d'h&#233;bergement pour les personnes ag&#233;es (EHPAD). Un tel montant correspond aux salaires en &#233;quivalent temps plein (ETP) de 7 000 employ&#233;s, qui pourraient &#234;tre des aides-soignantes ou des aides m&#233;dico-psychologiques en d&#233;but de carri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans entrer dans les d&#233;tails, le co&#251;t d'un tel poste est d'environ 30 000 euros par an. Sachant que ces emplois sont financ&#233;s &#224; 70 % par l'Assurance maladie &#8211; le reste par les r&#233;gions &#8211;, un rapide calcul permet de dire que le montant &#233;conomis&#233; sur les m&#233;dicaments permettrait un recrutement dans presque chacun des 7334 EHPAD de France&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne fais que reprendre ici l'id&#233;e &#233;mise par mon confr&#232;re Philippe Masquelier, ancien pr&#233;sident du Formindep, collectif qui d&#233;fend l'information m&#233;dicale ind&#233;pendante. M&#233;decin coordonnateur en EHPAD, il avait constat&#233; en 2013, apr&#232;s la pr&#233;c&#233;dente r&#233;&#233;valuation des anti-Alzheimer, que la baisse de leur prix conjugu&#233;e &#224; la baisse des prescriptions avait d&#233;j&#224; permis une &#233;conomie de plus de 130 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de sant&#233; digne de ce nom ne consiste pas en un empilement plus ou moins hasardeux de mesures ponctuelles. En prenant la d&#233;cision de maintenir le remboursement des anti-Alzheimer, la ministre montre qu'elle ne tient aucun compte de la loi de protection sanitaire n&#233;e du scandale du M&#233;diator, visant justement &#224; prot&#233;ger les patients contre des m&#233;dicaments inutiles et dangereux. Elle n'applique pas non plus les r&#232;gles de bonne gestion des conflits d'int&#233;r&#234;ts. Car en agissant contre l'avis de l'autorit&#233; ind&#233;pendante qu'est la HAS, la ministre s'incline, de fait, face &#224; des lobbys financ&#233;s par les firmes pharmaceutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, l'avis de la HAS constitue pour les m&#233;decins un permis pour d&#233;prescrire ces m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Philippe Nicot &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste enseignant, Universit&#233; de Limoges &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;D&#233;claration d'int&#233;r&#234;ts&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Nicot a &#233;t&#233; expert pour la commission de la transparence de la HAS lors de la r&#233;&#233;valuation des m&#233;dicaments anti-Alzheimer en 2011 et en 2016. Il a &#233;galement &#233;t&#233; expert pour la m&#234;me commission lors de l'&#233;valuation des trith&#233;rapies contenant de l'olm&#233;sartan en 2013. Il est membre du Formindep, collectif de d&#233;fense de l'information m&#233;dicale ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Surm&#233;dicalisation. Surdiagnostics et surtraitements. Sobri&#233;t&#233; &#233;cologique</title>
		<link>https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/prevention-quaternaire/article/surmedicalisation-surdiagnostics-et-surtraitements-sobriete-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/prevention-quaternaire/article/surmedicalisation-surdiagnostics-et-surtraitements-sobriete-ecologique</guid>
		<dc:date>2016-10-25T16:06:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lanja Andriantsehenoharinala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Que veulent ceux qui ne cherchent ni la vertu, ni la terreur ? Ils veulent la corruption. &#187; Saint Just &lt;br class='autobr' /&gt; I Les enjeux Que serait une s&#233;curit&#233; sociale dans une soci&#233;t&#233; sans croissance ? Nous savons d&#233;j&#224; ce qu'est une protection sociale avec aust&#233;rit&#233; puisque nous la vivons actuellement. Mais alors que cette aust&#233;rit&#233; est vendue comme la planche de salut de notre syst&#232;me de sant&#233;, nous assistons depuis plusieurs ann&#233;es &#224; des processus croissants de surm&#233;dicalisation, surdiagnostics et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/prevention-quaternaire/" rel="directory"&gt;Pr&#233;vention Quaternaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Que veulent ceux qui ne cherchent ni la vertu, ni la terreur ? Ils veulent la corruption. &#187; Saint Just&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I Les enjeux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que serait une s&#233;curit&#233; sociale dans une soci&#233;t&#233; sans croissance ? Nous savons d&#233;j&#224; ce qu'est une protection sociale avec aust&#233;rit&#233; puisque nous la vivons actuellement. Mais alors que cette aust&#233;rit&#233; est vendue comme la planche de salut de notre syst&#232;me de sant&#233;, nous assistons depuis plusieurs ann&#233;es &#224; des processus croissants de surm&#233;dicalisation, surdiagnostics et surtraitements. Comment comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne ? Comment et pourquoi lutter contre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre &#224; ces questions permet de trouver les moyens d'une sobri&#233;t&#233; &#233;cologique et d'un haut niveau de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.outilsdusoin.fr/cordels-imprimables/article/halte-a-la-surmedicalisation-cordel-no33' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La surm&#233;dicalisation&lt;/a&gt; n'est pas un concept. Il s'agit d'une r&#233;alit&#233; de terrain dans laquelle sont embourb&#233;s les patients et les soignants. La d&#233;crire et la combattre nous donne les cl&#233;s pour transformer notre syst&#232;me de soins et la S&#233;curit&#233; sociale en vue du bien commun. Car contrairement &#224; ce qu'on nous r&#233;p&#232;te sans cesse, &#171; l'&#233;conomie n'a pas les r&#233;ponses &#224; la question du trop &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Volovitch, &#171; En faire trop &#187;, Pratiques n&#176;63, 2013.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; elle ignore toute r&#233;flexion sur les contenus du soin et ne contient donc aucun germe de changement. Autrement dit, l'aust&#233;rit&#233; ne permet pas de r&#233;guler correctement les d&#233;penses en mati&#232;re de sant&#233; : elle ne porte en elle que l'aust&#232;re aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser la surm&#233;dicalisation est donc une phase incontournable de la transition qu'il nous faut impulser en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; sociale. En effet, les attentes de changement sont immenses : les ressources en travail se modifient, le besoin de citoyennet&#233; sociale grandit &#224; mesure que le capitalisme augmente sa pression, que tout ce qui ne rel&#232;ve pas du march&#233; est attaqu&#233; et que la crise environnementale rebat les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II Surmedicalisation, surdiagnostics, surtraitement : un &#233;tat des lieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois exemples embl&#233;matiques permettent de balayer le champ de la surm&#233;dicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. 1 D&#233;pistage organis&#233; du cancer du sein&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;pistage de masse organis&#233; par les autorit&#233;s sanitaires date de 2004. Il s'agit d'une invitation / injonction &#224; r&#233;aliser une mammographie tous les deux ans entre 50 et 74 ans, soit 13 mammographies par femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les donn&#233;es observables ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En France, on constate une augmentation de l'incidence en 20 ans sans modification de la mortalit&#233; sp&#233;cifique. Entre 1980 et 2000, 20 000 cas de cancers d&#233;pist&#233;s en moyenne par an, et 2500 d&#233;c&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Remontet L et al. Evolution de l'incidence et de la mortalit&#233; par cancer en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A l'&#233;tranger, les &#233;tudes montrent qu'il n'y a pas de lien entre la fr&#233;quence des mammographies et la baisse de la mortalit&#233; par cancer du sein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kalager, NEJM 2010 ; Jorgensen, BMJ 2010 ; Autier, BMJ 2011 ; Junod, BMC Cancer&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En Finlande, l'Institut de sant&#233; publique d'Oslo a r&#233;alis&#233; une &#233;tude d'observation prospective sur 2 groupes : le premier groupe (119 472 femmes) pratique le d&#233;pistage tous les 2 ans par mammographie ; le deuxi&#232;me groupe (109 472 femmes) pratique une seule mammographie au bout de 6 ans. Les deux groupes sont &#233;chantillonn&#233;s de telle sorte que les femmes ont les m&#234;mes facteurs de risque de d&#233;velopper un cancer. Finalement, le taux cumul&#233; de cancers est de 22 % plus &#233;lev&#233; dans le groupe d&#233;pist&#233; de mani&#232;re plus intense&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zahl, Mahlen, Welch The natural history of invasive breast cancers detected (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;pister ne fait pas reculer le cancer. En effet, certaines l&#233;sions d&#233;tect&#233;es n'&#233;volueront pas. D'autres r&#233;gresseront spontan&#233;ment. Multiplier les imageries ne fait donc que d&#233;couvrir ces l&#233;sions qu'on appelle &#171; cancers de l'intervalle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe enfin des donn&#233;es obtenues &#224; partir de calculs &#233;pid&#233;miologiques. En France, sur 1000 femmes d&#233;pist&#233;es tous les 2 ans entre 50 et 74 ans, on compte 8 &#224; 16 surdiagnostics (l&#233;sions non &#233;volutives ou cancers de l'intervalle), 3 &#224; 4 cancers et plus de la moiti&#233; de &#171; faux positifs &#187;, donc de femmes alert&#233;es sans raison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : Institut de veille sanitaire 2010/Institut national du cancer 2013&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous sommes donc en train de syst&#233;matiser un d&#233;pistage de l&#233;sions parfois non &#233;volutives et sans cons&#233;quence sur la mortalit&#233; des femmes. Nous diagnostiquons des cancers qui n'auraient pas affect&#233; la sant&#233; des femmes s'ils &#233;taient rest&#233;s m&#233;connus. Et nous les traitons : chimioth&#233;rapie, radioth&#233;rapie, ablation d'une partie ou de tout un sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II.2 Traitement de l'hypercholest&#233;rol&#233;mie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cholest&#233;rol est une caricature de ce qu'on nomme la &#171; fabrique de la maladie &#187; (disease mongering). Il faudrait plut&#244;t employer le terme de &#171; knockisation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;f&#233;rence &#224; la c&#233;l&#232;bre pi&#232;ce Knock ou le triomphe de la m&#233;decine (1923) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; car bien plus que des maladies, nous cr&#233;ons des malades. &#171; Chaque homme bien portant est un malade qui s'ignore &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment fonctionne la fabrique des malades ? De la mani&#232;re la plus simple, les taux limites de certains param&#232;tres biologiques sont revus &#224; la baisse. Par exemple, le seuil du cholest&#233;rol normal n'a fait que baisser depuis plusieurs ann&#233;es. Au-dessus de ce seuil dit normal, le patient est consid&#233;r&#233; comme &#171; malade &#187;. Plus les seuils sont bas, plus on &#233;largit le groupe de malades qu'il faut alors traiter. Ces seuils sont d&#233;finis &#224; l'occasion de recommandations faites par &#171; avis d'expert &#187;, selon une m&#233;thodologie donnant un niveau de preuve scientifique m&#233;diocre et pratiquement sans jamais prendre en compte les donn&#233;es acquises de la science&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2005 en France, l'Afssaps disait clairement que les valeurs du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pire, le pannel d'experts a souvent de multiples conflits d'int&#233;r&#234;t financier avec les groupes pharmaceutiques. Ainsi en 2002, 7 des 16 experts am&#233;ricains cens&#233;s d&#233;finir les seuils du cholest&#233;rol sont li&#233;s &#224; l'industrie pharmaceutique [Source ?].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abaisser les taux de cholest&#233;rol dit &#171; normal &#187; a artificiellement fait passer le nombre d'am&#233;ricains &#224; traiter de 13 millions &#224; 36 millions en 2002. Soit une extension nette du march&#233; des m&#233;dicaments et donc des profits pour les industriels. En France, l'atorvastatine &#8211; utilis&#233; pour diminuer les taux &#233;lev&#233;s de cholest&#233;rol &#8211; fait partie des 30 m&#233;dicaments les plus vendus en officine en 2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : Agence national de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament et des produits de sant&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malheureusement, tout ceci ne se fait pas sans effet secondaire : atteintes musculaires, nouveaux cas de diab&#232;te etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II.3 M&#233;dicalisation des probl&#232;mes psychologiques et psychiques &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;dicalisation des troubles psychologiques s'exprime notamment &#224; travers le c&#233;l&#232;bre DSM (Diagnostical and statistical manual of mental disorders) de l'American Psychiatric Association (APA). Sa premi&#232;re mouture date de 1952 et contenait moins de 100 pathologies. Le DSM 5 publi&#233; en 2013 en d&#233;finissait pr&#232;s de 300. Les cat&#233;gories diagnostiques se sont multipli&#233;es &#224; partir de sympt&#244;mes mineurs, agenc&#233;s entre eux pour d&#233;finir des tableaux syndromiques &#224; spectre large. Des situations de vie (telles le deuil, l'irritabilit&#233; et les col&#232;res infantiles) sont donc entr&#233;es dans le domaine pathologique entra&#238;nant une m&#233;dicalisation de l'existence dans laquelle le m&#233;decin/psychiatre devient un cogestionnaire de biographie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour faire face, le rem&#232;de m&#233;dicamenteux est devenu l'alpha et l'omega du psychiatre et du patient. L'av&#232;nement de la biopsychiatrie, qui explore la psychisme sous l'angle des foncions biologiques du syst&#232;me nerveux, est total. &lt;br class='autobr' /&gt;
En observant les ventes de psychotropes depuis 4 d&#233;cennies, on note l'escalade th&#233;rapeutique qui a men&#233; des anxiolytiques aux anti d&#233;presseurs, puis aux neuroleptiques suivant le sch&#233;ma de &#171; l'&#233;pid&#233;mie programm&#233;e &#187; qui suit en r&#233;alit&#233; les pertes de brevet industriel (entr&#233;e des m&#233;dicaments dans le domaine public)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mikkel Borch Jacobsen, &#171; Le sch&#233;ma de l'&#233;pid&#233;mie programm&#233;e &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci fait aujourd'hui dire &#224; Allen Frances (psychiatre am&#233;ricain, professeur &#224; Duke University, USA) que &#171; la psychiatrie est en d&#233;rapage incontr&#244;l&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Bibliobs, 9 mai 2013&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III Les cons&#233;quences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences d'une telle situation sont terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les Fran&#231;ais consomment en moyenne 48 boites de m&#233;dicament par an&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament, Analyse des ventes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ce qui fait de la France le plus gros consommateur de m&#233;dicaments en Europe et dans le monde avec les Etats-Unis. Par voie de cons&#233;quence directe, les effets ind&#233;sirables des m&#233;dicaments sont la 4&#232;me cause de mortalit&#233; aux Etats-Unis et en Europe avec 197.000 d&#233;c&#232;s par an Revue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Lancet 2011&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En France, &#224; cause de la prescription irraisonn&#233;e d'antibiotiques 158 000 personnes contractent chaque ann&#233;e une infection &#224; bact&#233;rie multi-r&#233;sistante et 12 500 en d&#233;c&#232;dent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morbidit&#233; et mortalit&#233; des infections &#224; bact&#233;ries multi-r&#233;sistantes aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences pour le syst&#232;me de soins sont tout aussi terribles. Ainsi, &#171; en 2008, les ventes d'antid&#233;presseurs et de neuroleptiques totalisaient 24 milliards de dollars aux Etats-Unis (&#8230;) Une telle somme pourrait employer 240 000 psychoth&#233;rapeutes au salaire annuel de 100 000 dollars. &#187; (J.-Claude St-Onge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous fous ? : L'influence de l'industrie pharmaceutique sur la psychiatrie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .) En France, on pourrait r&#233;aliser d'importantes &#233;conomies sur les m&#233;dicaments anti alzheimer dont le service m&#233;dical rendu &#8211; SMR &#8211; a &#233;t&#233; d&#233;grad&#233; &#171; d'important &#187; &#224; &#171; faible &#187; en 2011&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et cr&#233;er des postes d'aide humaine pour accompagner les patients atteints de cette m&#234;me maladie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, l'inflation des actes de soins entretient l'id&#233;e qu'on en fait trop et renforce le th&#232;me de la d&#233;pense/&#233;conomie de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV Comment en sommes-nous arriv&#233;s l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surm&#233;dicalisation est le r&#233;sultat de pr&#233;occupations port&#233;es par des acteurs diff&#233;rents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;decins&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;dicalisation de la vie a comme cons&#233;quence l'irruption de la m&#233;decine dans le champ social. Elle correspond &#224; la promesse m&#233;dicale de bonheur, de faire reculer la maladie et la mort. Elle r&#233;pond &#224; l'envie consciente et inconsciente de toute puissance des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les individus se trouvent plac&#233;s dans une position constante de consommateurs de biens m&#233;dicaux. Les m&#233;dias jouent le r&#244;le de catalyseur de leur esp&#233;rance dans le m&#233;dicament et le progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les industriels&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le domaine de la sant&#233; comme dans les autres, les industriels recherchent la maximisation du profit. Ils profitent d'une soci&#233;t&#233; mondialis&#233;e et d'un capitalisme financiaris&#233; &#224; outrance. A cette fin, l'industrie pharmaceutique entretient des liens d'int&#233;r&#234;ts &#171; multidirectionnels &#187;. Cette situation entra&#238;ne la marchandisation de toute la cha&#238;ne du m&#233;dicament, des autorit&#233;s sanitaires publiques au prescripteur lambda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;cideurs politiques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils entretiennent les citoyens dans un certain nombre de peurs, et le domaine de la sant&#233; fournit un support tout indiqu&#233;. Les responsables politiques maintiennent des liens avec les laboratoires au motif qu'il faut valoriser et d&#233;fendre ce fleuron de l'industrie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;occupations se rencontrent maintenant dans un contexte d&#233;favorable : celui d'un syst&#232;me de distribution de soins bas&#233; sur des r&#233;mun&#233;rations &#224; l'acte et des tarifications &#224; l'activit&#233;. Ce syst&#232;me contient en lui m&#234;me le germe de l'inflation : davantage de malades et de maladies conduit &#224; davantage de m&#233;dicaments prescrits, davantage d'actes m&#233;dicaux, donc davantage de revenus pour les prescripteurs, les industriels...&lt;br class='autobr' /&gt;
La conclusion est alors sans appel :&#171; la surm&#233;dicalisation n'est pas un dysfonctionnement, mais au contraire, un fonctionnement parfait, attendu et recherch&#233; de la logique mercantile n&#233;olib&#233;rale appliqu&#233;e au domaine de la sant&#233; marchandis&#233;e. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos de Elena Pasca, animatrice du site Pharmacritique, au colloque &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V Lutter contre la surm&#233;dicalisation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Pour une seule et unique raison : l'int&#233;r&#234;t du patient ! Il ne s'agit de rien d'autre que d'&#233;viter au patient des effets ind&#233;sirables et parfois une perte de chance en sant&#233;. Alors, quels outils pour la sobri&#233;t&#233; en sant&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.1 La sobri&#233;t&#233; passe par &lt;a href='https://www.outilsdusoin.fr/cordels-imprimables/article/prevention-quaternaire-eviter-la-surmedicalisation-cordel-no13' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la pr&#233;vention quaternaire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vention quaternaire est une notion mise en avant d&#232;s 1985 par le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste Marc Jamoulle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Jamoulle est un m&#233;decin de famille belge, impliqu&#233; dans la formation et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et adopt&#233;e depuis 1995 par la WONCA (World Organization of National Colleges Academies), organisation internationale de m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes n&#233;e en 1972 &#224; but de recherche pour la pratique de la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224;, on d&#233;finissait classiquement 3 types de pr&#233;vention. La pr&#233;vention primaire, qui est toute action men&#233;e pour emp&#234;cher la survenue d'une maladie ( par exemple : &#233;viter de manger trop sal&#233;, faire de l'exercice physique, r&#233;aliser une vaccination) ; La pr&#233;vention secondaire, qui est toute action men&#233;e pour emp&#234;cher le d&#233;veloppement d'une maladie d&#233;j&#224; pr&#233;sente (d&#233;pistage du cancer du c&#244;lon). Enfin la pr&#233;vention tertiaire, qui est toute action men&#233;e pour r&#233;duire les cons&#233;quences ou le handicap li&#233;e &#224; la maladie ou pour &#233;viter sa r&#233;cidive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois d&#233;finitions correspondent &#224; une vision chronologique de la pr&#233;vention calqu&#233;e sur la chronologie de la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Marc Jamoulle a propos&#233; en 1985 une vision plus dynamique de la pr&#233;vention qui permet de passer de la pr&#233;vention centr&#233;e sur la maladie &#224; une pr&#233;vention centr&#233;e sur le patient qu'il nomme pr&#233;vention quaternaire. Il s'agit de toute action ou r&#233;flexion men&#233;e pour prot&#233;ger le patient d'interventions m&#233;dicales invasives et lui proposer des proc&#233;dures de soins &#233;thiquement et m&#233;dicalement acceptables. Soit une version moderne du &#171; primum non nocere &#187; (&#171; d'abord ne pas nuire &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude fa&#231;onne une nouvelle forme de penser le m&#233;tier de m&#233;decin. Il faut faire dialoguer sans cesse les points de vue du patient qui &#233;voluent entre &#171; se sentir bien &#187; et &#171; se sentir malade &#187; et ceux du m&#233;decin qui &#233;voluent entre sa perception qu'il existe ou non une maladie. Il faut surtout garder comme principal objectif le b&#233;n&#233;fice clinique du patient, une notion sous estim&#233;e, mal d&#233;finie et absente de la recherche m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Jamoulle insiste sur le fait que la pr&#233;vention quaternaire doit devenir une r&#233;elle attitude du m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, qui &#339;uvre d&#232;s lors &#224; prot&#233;ger continuellement le patient de la m&#233;decine et des m&#233;decins. La pr&#233;vention quaternaire a lieu tous les jours, pour tous les patients, qu'ils soient malades ou non et &#224; chaque phase de leur maladie. Cette nouvelle dimension force le m&#233;decin &#224; interroger sa pratique, ses nouvelles t&#226;ches et les comp&#233;tences qu'il doit acqu&#233;rir, par exemple :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se former &#224; la communication ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;fl&#233;chir &#224; la &#171; m&#233;decine d&#233;fensive &#187; qui renvoie &#224; la prescription afin de se couvrir vis &#224; vis de possibles plaintes des patients ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; apprendre la d&#233;cision dans l'incertitude (pratique prudentielle) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.2 La sobri&#233;t&#233; et les petits prescripteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail de th&#232;se, Anne Vega, anthropologue, a d&#233;gag&#233; des profils de m&#233;decins suivant leur volume de prescription&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cuisine et d&#233;pendance : les usages socio culturels du m&#233;dicament chez les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle d&#233;crit ainsi des &#171; petits prescripteurs &#187;, dont les ordonnances de m&#233;dicaments sont succinctes, voire n'existent pas. Ils pratiquent de fait une sobri&#233;t&#233; de prescription. Ces m&#233;decins, minoritaires dans la profession, d&#233;veloppent des pratiques de partage des connaissances et ont un bon rapport &#224; l'alt&#233;rit&#233; avec leurs patients. A contrario les gros prescripteurs ont des rapports probl&#233;matiques avec les patients &#8211; qui sont jug&#233;s n&#233;gativement &#8211; travaillent trop et trop vite. Selon Anne Vega le principal crit&#232;re discriminant du volume de prescription est la motivation soignante, une notion totalement absente du recrutement des soignants fran&#231;ais, et en particulier des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.3 La sobri&#233;t&#233; et la d&#233;prescription&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;prescription consiste &#224; d&#233;tecter les prescriptions inutiles et dangereuses (m&#233;dicaments, examens compl&#233;mentaires, actions de pr&#233;vention) et les supprimer. Elle aboutit parfois &#224; stopper une cascade d'&#233;v&#233;nements m&#233;dicaux. Pour d&#233;prescrire, il faut augmenter ses connaissances scientifiques m&#233;dicales ; chaque m&#233;decin qui pratique la d&#233;prescription devient de fait plus autonome dans la recherche d'informations pertinentes et valid&#233;es et moins poreux aux messages de l'industrie pharmaceutique qui occupe le terrain de la formation et de l'information. La d&#233;prescription est donc aussi une porte d'entr&#233;e dans la lutte contre la d&#233;pendance intellectuelle des m&#233;decins aux firmes ou aux autorit&#233;s de sant&#233;. Promouvoir la d&#233;prescription et l'enseigner pourraient permettre d'avoir des soignants avec une base scientifique solide et une r&#233;elle pens&#233;e critique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;prescription n&#233;cessite de passer davantage de temps avec le patient parce que cette d&#233;marche est &#224; contre courant du discours admis. Autant les m&#233;decins justifient tr&#232;s peu leurs prescriptions, parfois dangereuses et inutiles, autant ils doivent se d&#233;carcasser pour justifier d'enlever un m&#233;dicament. Sans compter d'autres obstacles (effet nocebo de l'arr&#234;t d'un m&#233;dicament, represcription par un autre sp&#233;cialiste, perte de confiance etc.) &#171; Il faut avoir les &#233;paules solides pour modifier une ordonnance car il est indispensable de bien argumenter cette d&#233;cision. &#187; r&#233;sume Alain Siary&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Nous sommes d&#233;prescripteurs &#187;, Le Pharmacien, f&#233;vrier 2015, propos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, aujourd'hui la pr&#233;vention quaternaire est encore une notion limit&#233;e &#224; quelques initi&#233;s ; la d&#233;prescription est un acte h&#233;ro&#239;que et militant dans une soci&#233;t&#233; capitaliste bas&#233;e sur la consommation et la croissance, et dans un syst&#232;me de soins bas&#233; sur le paiement &#224; l'acte, le cloisonnement des secteurs du soin et en voie de privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI La sobri&#233;t&#233; permet-elle d'augmenter le niveau de protection sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, si l'on consid&#232;re que la protection sociale maladie est beaucoup plus que la simple couverture financi&#232;re contre le risque maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI.1 la nouvelle protection sociale, c'est la protection des patients&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la vraie extension de la protection sociale maladie est qualitative. Il ne s'agit plus alors uniquement de remboursement des d&#233;penses de sant&#233;. Il ne s'agit plus non uniquement de ma&#238;trise des risques li&#233;s &#224; la sant&#233;. Il s'agit d'aller plus loin et de passer de la protection sociale maladie &#224; la protection des malades. Contre quoi ? Contre l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes qui menacent leur sant&#233;, y compris donc la surm&#233;dicalisation. Cette id&#233;e est r&#233;volutionnaire parce qu'elle met enfin le patient au centre de la r&#233;flexion. Pratiquer la sobri&#233;t&#233; &#224; travers l'application du concept de pr&#233;vention quaternaire, prescrire peu ou d&#233;prescrire entra&#238;ne un ensemble de changements de comportements vertueux. Inscrire ces outils dans la formation peut engendrer toute une nouvelle g&#233;n&#233;ration de soignants aux attitudes radicalement diff&#233;rentes (motivation soignante, pens&#233;e critique, relation &#224; l'alt&#233;rit&#233;). Faire converger sobri&#233;t&#233; et haut niveau de couverture sociale ou faire vivre la s&#233;curit&#233; sociale dans un monde sans croissance passe donc obligatoirement par les soignants, devenus des agents r&#233;els de cette protection sociale r&#233;nov&#233;e, mais pas par le march&#233; (incitations, primes etc), mais par la syst&#233;matique du soin &#224; l'aune de la protection du patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI.2 la nouvelle protection sociale : passer du soin &#224; la sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la surm&#233;dicalisation passe par de nouvelles pratiques qui mettent donc le patient au centre : pr&#233;vention quaternaire, petite prescription ou d&#233;prescription. Nous avons d'autant plus int&#233;r&#234;t &#224; le faire qu'en face de nous, les industriels sont d&#233;j&#224; pass&#233;s de la maladie au malade ! Ces nouvelles pratiques mettent en jeu des attitudes soignantes porteuses de transformations. Parmi celles-ci, le passage du soin &#224; la sant&#233; avec ce que le Syndicat de la M&#233;decine G&#233;n&#233;rale a toujours d&#233;fendu : la recherche et l'action sur les causes r&#233;elles des maladies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI.3 pr&#233;vention quaternaire et d&#233;prescription sous conditions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vention quaternaire comme la d&#233;prescription ne peuvent pas rester le fait d'individus. Elles doivent s'accompagner d'un changement de syst&#232;me dans une dynamique collective pour &#233;viter de se transformer en solution au &#171; d&#233;ficit de l'assurance maladie &#187; et devenir un objectif de performance en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, afin que d&#233;prescrire ne devienne pas une &#233;ni&#232;me solution d'aust&#233;rit&#233;, il faudra : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en terminer avec les conflits d'int&#233;r&#234;t &#224; tous les niveaux et sur toute la cha&#238;ne du m&#233;dicament ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; redistribuer les richesses pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s sociales de sant&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tablir enfin une v&#233;ritable d&#233;mocratie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car m&#234;me si le syst&#232;me de soin s'engageait v&#233;ritablement sur cette voie, il manquerait encore l'ingr&#233;dient de la vraie r&#233;volution : la d&#233;mocratie. Le haut niveau de protection sociale soul&#232;ve en effet des questions d'universalit&#233; et de contenu de la protection. Autrement dit une question centrale se pose : qui d&#233;cide ? Un outil socialis&#233; ou &#233;tatis&#233; ne suffit pas. Encore faut-il le transformer en bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surm&#233;dicalisation est le fruit de ce qui d&#233;truit actuellement les piliers de la s&#233;curit&#233; sociale : le capitalisme outrancier et financiaris&#233;. Il freine depuis 30 ans l'emploi et le travail de tous. Il met en danger les citoyens par les surdiagnostics et les surtraitements. Lutter contre la surm&#233;dicalisation devient une n&#233;cessit&#233; pour lutter contre la marchandisation de la protection sociale maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pratique, la d&#233;prescription et la pr&#233;vention quaternaire sont des ferments de changement profond, mettant le patient au centre, pouvant permettre enfin de garantir la sant&#233; et donc de sortir d'un syst&#232;me de distribution de soins continuellement en recherche de solution pour son financement. Elles font &#233;merger les besoins de recrutement en soignants ayant une r&#233;elle motivation soignante, des soignants qui feront donc r&#233;ellement partie de la protection sociale et n'en seront plus uniquement des &#171; salari&#233;s &#187; obligatoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc aux conditions de lutter contre les conflits d'int&#233;r&#234;t en sant&#233;, de refondation de la formation soignante, de transformation du syst&#232;me et de r&#233;mun&#233;ration, et de participation d&#233;mocratique que la sobri&#233;t&#233; aura un nom. Sans cela, elle restera utilis&#233;e comme alli&#233;e d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Volovitch, &#171; En faire trop &#187;, Pratiques n&#176;63, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Remontet L et al. Evolution de l'incidence et de la mortalit&#233; par cancer en France de 1978 &#224; 2000. Saint-Maurice : Institut de de veille sanitaire ; 2003. 218 p. et donn&#233;es CepiDC INSERM 2004 (&lt;a href=&#034;http://www.cepidc.inserm.fr/site4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cepidc.inserm.fr/site4/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kalager, NEJM 2010 ; Jorgensen, BMJ 2010 ; Autier, BMJ 2011 ; Junod, BMC Cancer&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zahl, Mahlen, Welch The natural history of invasive breast cancers detected by screening mammography ,Archives of Internal Medicine 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : Institut de veille sanitaire 2010/Institut national du cancer 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;f&#233;rence &#224; la c&#233;l&#232;bre pi&#232;ce Knock ou le triomphe de la m&#233;decine (1923) dans laquelle Jules Romain d&#233;nonce les manipulations d'un m&#233;decin qui conduit toute une population &#224; se croire malade et &#224; aller consulter. (NDE)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2005 en France, l'Afssaps disait clairement que les valeurs du cholest&#233;rol utilis&#233;es comme objectifs th&#233;rapeutiques ne sont pas des valeurs exp&#233;rimentales obtenues par des &#233;tudes d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : Agence national de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament et des produits de sant&#233; (ANSM), Rapport 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mikkel Borch Jacobsen, &#171; Le sch&#233;ma de l'&#233;pid&#233;mie programm&#233;e &#187;, Le cercle psy, n&#176;7, d&#233;c2012/janv, fev 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Bibliobs, 9 mai 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament, Analyse des ventes de m&#233;dicaments en France en 2013, juin 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Lancet 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Morbidit&#233; et mortalit&#233; des infections &#224; bact&#233;ries multi-r&#233;sistantes aux antibiotiques en France en 2012. &#201;tude Burden BMR, rapport - Juin 2015. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2015. 21 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous fous ? : L'influence de l'industrie pharmaceutique sur la psychiatrie, JC St Onge, &#233;d. &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1108356/medicaments-de-la-maladie-dalzheimer-la-has-revele-les-resultats-de-sa-reevaluation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1108356/medicaments-de-la-maladie-dalzheimer-la-has-revele-les-resultats-de-sa-reevaluation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos de Elena Pasca, animatrice du site Pharmacritique, au colloque &#171; surm&#233;dicalisations, surtraitements, surdiagnostics, facult&#233; de m&#233;decine de Bobigny, avril 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Jamoulle est un m&#233;decin de famille belge, impliqu&#233; dans la formation et dans la recherche en m&#233;decine de famille, membre de la WONCA et co auteur d'une classification internationale des soins primaires en anglais ( ICPC) et en fran&#231;ais (CISP)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cuisine et d&#233;pendance : les usages socio culturels du m&#233;dicament chez les m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes fran&#231;ais, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Nous sommes d&#233;prescripteurs &#187;, Le Pharmacien, f&#233;vrier 2015, propos recueillis par Fanny Rey&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lanja Andriantsehenoharinala, m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, est adh&#233;rente au Syndicat de la M&#233;decine G&#233;n&#233;rale (SMG)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat de la M&#233;decine G&#233;n&#233;raliste, fond&#233; en 1975, est un syndicat non corporatiste, c'est-&#224;-dire qui ne poursuit pas comme objectif principal ou secondaire la d&#233;fense de la position sociale de m&#233;decin ni leurs int&#233;r&#234;ts particuliers ; un syndicat qui a pour leitmotiv de r&#233;inscrire la m&#233;decine dans le champ social et qui peut dire SOIGNER est un acte politique. Il poursuit le but d'un changement radical du syst&#232;me de soins et d'un changement de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;clare ne pas avoir de conflit d'int&#233;r&#234;t financier avec les mutuelles, les assurances ou les groupes pharmaceutiques. Je d&#233;clare ne pas &#234;tre pay&#233;e &#224; la performance par la S&#233;curit&#233; sociale (refus de la ROSP). Mais j'ai &#233;t&#233; form&#233;e dans le syst&#232;me m&#233;dical fran&#231;ais, qui utilise la publicit&#233; pour le m&#233;dicament dans ses ouvrages d'enseignement et tol&#232;re la visite m&#233;dicale dans les centres hospitaliers de formation universitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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