Le plus ancien des centres d’IVG en danger !

jeudi 15 septembre 2016

L’équipe médicale du centre IVG de Louis Mourier à Colombes communique

Le centre d’IVG de l’hôpital de Colombes n’a pas pu assurer sa mission de service public cet été

L’accès des femmes à l’IVG en Ile de France mis en danger par la gestion du personnel à l’Assistance Publique !

Le centre d’IVG de Colombes (Hauts-de-seine), le plus ancien à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris -créé en1975 dès le vote de la loi autorisant l’IVG en France- reste ouvert tous les étés. Le Mouvement Français pour le Planning Familial le sait et lui envoie les femmes, en particulier quand elles sont proches du terme de la loi (12 semaines de grossesse).

Dans ce centre, on pratique principalement des IVG par aspiration sous anesthésie locale, jusqu’au terme de la loi, avec une grande expérience et sans aucune complication grave depuis 40 ans. On y fait aussi des IVG médicamenteuses, et le centre anime un réseau de généralistes qui prennent le relais en ville pour compléter cette offre d’IVG. Ce centre est le deuxième de l’APHP pour l’activité (1200 à 1300 IVG par an). Il est animé par 7 médecins généralistes, une gynécologue et une dermatologue, 5 infirmières, une secrétaire et un agent hospitalier. L’équipe s’organise chaque année pour adapter le temps de présence des médecins et des infirmières durant l’été, afin de maintenir une permanence d’offre d’IVG.

Cette année, l’activité du mois d’août a été largement amputée par une pénurie de personnel infirmier, obligeant l’équipe à restreindre son activité durant deux semaines et à réorienter bon nombre de femmes vers d’autres structures, pas toujours publiques, ou à allonger les délais de prise en charge. Cette situation résulte d’une nouvelle gestion de l’équipe infirmière par des cadres, nommées au niveau du pôle femme-enfant de l’hôpital auquel est intégré le centre d’IVG tout en ayant gardé jusque là ses locaux, son équipe et son autonomie (prise de rendez-vous directe, accueil spécifique des femmes désirant une IVG, prise en charge sociale et psychologique sur place par l’équipe, gestion des plannings entre médecins et infirmières).

Ces cadres (ou « surveillantes ») ont en effet développé un mode d’intervention auprès de l’équipe infirmière très autoritaire, dédaigneux du fonctionnement et du rythme du service, et parfois arbitraire. Elles se sont déclarées chargées de réformer les horaires de travail (selon les nouvelles dispositions décidées par Martin Hirsch pour l’hôpital), décidant autoritairement des horaires d’ouverture et de fermeture du centre et des effectifs aux différentes heures. Elles ont redistribué les temps partiels de travail sans tenir compte des souhaits et des contraintes des infirmières, refusant un 90% à l’une pour donner un 80% à une autre, sans aucune discussion possible. Elles ont freiné autant qu’elles le pouvaient le remplacement d’une infirmière ayant demandé à changer de poste, et quand elles l’ont accepté, elles l’ont fait sans mettre en place une seule journée de formation pour la nouvelle infirmière, "cueillie" à son retour de vacances. Elles ont tenté d’imposer un dossier distinct entre infirmières et médecins, alors que le travail s’est toujours fait à quatre mains, l’infirmière commençant l’entretien, le médecin le poursuivant en tenant compte des données déjà relevées au cours du premier contact. De même, des feuilles de prescriptions très détaillées entrainant une surcharge de travail (cases à cocher) pour les infirmières, leur expliquant qu’ainsi on pourrait mieux retrouver les responsables d’éventuelles erreurs médicales...

Généralement, ces cadres ne s’adressent jamais aux médecins de l’équipe, considérant que leur travail se restreint à la gestion de l’équipe infirmière, niant de cette façon le travail collectif de quarante années, développé depuis l’ouverture du centre pour la bonne prise en charge des femmes. Elles ont été capables de faire interrompre une IVG pour une question de planning, l’infirmière convoquée devant se faire remplacer sans prévenir la femme, dont l’IVG sous anesthésie locale a été très troublée par cet « abandon ».

Cette attitude de mépris vis-à-vis de notre travail et de la place, de la compétence et de l’autonomie des infirmières a mené à une situation de crise entraînant la mise en arrêt de travail par leur médecin de deux infirmières, ce qui couplé à l’absence pour congé de deux autres et pour enfant malade pour la cinquième, a entrainé la suspension de l’offre d’IVG pendant presque une semaine. Le centre d’IVG est malgré tout resté ouvert pour les IVG médicamenteuses, les consultations avant et après IVG et de contraception, la prise de rendez-vous et l’orientation des femmes, grâce aux médecins présentes, à la secrétaire et à l’agent hospitalier, témoignant d’un professionnalisme à la hauteur des qualités de l’équipe.

Au-delà de la question de la permanence de l’offre d’IVG en région parisienne durant l’été, mise à mal par cette crise au centre d’IVG de Colombes, il nous semble que cette expérience met en relief les dangers de la nouvelle « gouvernance  » à l’hôpital. Les cadres obéissent très certainement aux injonctions de la direction centrale de l’APHP : contrôle et réduction des effectifs, mise en place à marche forcée de réformes visant à rentabiliser l’activité du personnel infirmier, application de procédures telles que l’informatisation du dossier médical. Ainsi, la situation de cet été ne peut que se reproduire.

Nous n’avons aucune garantie que soit maintenus ni l’unité de lieu d’activité ni suffisamment de personnel volontaire, formé et exclusivement dédié aux activités de planification et d’IVG. Nous nous inquiétons du remplacement des personnels qui quitteront le centre (pour retraite, congés ou changement de poste) et du maintien en poste des infirmières en cas de surcroît de travail dans d’autres services.

Notre travail collectif entre médecins et infirmières est sans cesse remis en cause, et même si nous avons l’attention et la bienveillance du chef de service qui est aussi responsable du pôle, il ne peut s’opposer à ce type gouvernance, devenue impérative à l’hôpital public.

Nous alertons les associations qui défendent le droit des femmes et l’IVG à l’hôpital public : si cette situation perdure nous ne pourrons plus garantir aux femmes l’accès à l’IVG ni l’accueil et la prise en charge de qualité que le Service Public doit leur offrir.

DERNIERE MINUTE
Ce soir mardi 24 août, nous avons été informés par la cadre de pôle du changement de poste d’une seconde infirmière, à la demande de cette dernière. Son remplacement n’est actuellement pas prévu.
Le fonctionnement induit nous interdira la qualité de travail habituelle et limitera le nombre d’IVG.
Nous allons interpeller directement notre hiérarchie à ce propos et vous demandons tout votre soutien pour le maintien de l’offre d’IVG à Louis Mourier.



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