Comment aider une personne malade du coronavirus à évaluer efficacement la nécessité d’aller ou non à l’hôpital ?

samedi 25 avril 2020
par  Outils du soin
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Des balises de repérage pour l’entourage et pour les soignants.

Avec le recul d’un mois et demi d’épidémie, on apprend à mieux connaitre le virus, et l’évolution très surprenante de la maladie. Aujourd’hui , on connait mieux les symptômes, et surtout comment ils se cachent.
Le problème principal est bien évidement respiratoire (rhume, toux, encombrement, essoufflement), mais il y a aussi souvent de la fièvre et d’autres symptômes : diarrhée, maux de tête, perte brutale de goût et d’odorat, éruption cutanée..), courbatures, douleurs thoraciques parfois intenses, fatigue souvent importante…
Ces symptômes sont très différents selon les personnes, la maladie évolue en général sur une semaine mais peut durer plus longtemps. On a remarqué que l’aggravation respiratoire peut être brutale, elle intervient en général au bout de 7 à 10 jours.
Il est important de repérer cette aggravation qui peut mener en réanimation, et de conseiller à la personne alors d’appeler le 15 afin d’être hospitalisée. Le principal signe de cette aggravation est la perte de souffle, que l’on peut évaluer au cours d’un entretien téléphonique, ou quand on fait partie de l’entourage du ou de la patient.e

Evaluation de l’essoufflement par téléphone ou par l’entourage :

1 SCORE de ROTH ou « TEST des 8 secondes » :
Pour évaluer la dyspnée (l’essoufflement) à distance, le « test de Roth » peut être utilisé. Il n’a pas été validé pour le COVID spécifiquement, mais peut s’ajouter aux différents types d’évaluation à distance.
Demander au patient de prendre une grande inspiration et de commencer à compter, dans sa langue habituelle jusqu’à 30 (ou au delà).
Pendant ce temps, le soignant ou l’entourage compte les secondes (sur sa montre ou son téléphone) jusqu’à ce que le patient doive reprendre sa respiration.
=> Si c’est avant 8 secondes ( sur la montre ou le téléphone), cela reflète déjà un manque d’oxygène sérieux
=> Si c’est avant 5 secondes, c’est que c’est grave, et cela nécessite en urgence des soins médicaux (appeler le 15).
2 une série d’autres questions concrètes :
Attention, il se peut que ce test soit faussement rassurant. Il ne faut pas s’en contenter, mais l’associer à une série d’autres questions concrètes :
• savoir si la personne est couchée en permanence ou debout et capable de faire des choses dans la maison
• demander à la personne de décrire son problème de respiration avec ses propres mots, et évaluer pendant ce temps là, si la personne est essoufflée à la parole, si son débit de parole est fluide ou hachée, si elle peut dire plus de quelques mots d’affilée ?
• Lui poser des questions ouvertes : “comment respirez-vous aujourd’hui ?”
• respirez vous plus fort ou plus vite que d’habitude, alors même que vous êtes au repos ?
• êtes-vous malade au point d’avoir arrêté toutes vos activités habituelles ?
3 chercher s’il y a eu un changement : un récit qui montre une détérioration de l’état clinique est plus important que le fait qu’un patient se sente essoufflé au moment de la discussion. Pour cela, ces questions peuvent aider :
• Votre respiration est elle plus rapide, plus lente ou la même que d’habitude ?
• que pouviez-vous faire hier que vous ne pouvez plus faire aujourd’hui ?
• quelle activité vous essouffle aujourd’hui et qui ne vous essoufflait pas hier ?
Interpréter l’essoufflement par d’autres signes physiques : sifflement ?, lèvres bleues ? poitrine qui se soulève à chaque mouvement de respiration ?

Pour évaluer cet essoufflement, ce n’est pas si facile au téléphone, parfois la vidéo peut aider, on peut demander à voir un médecin en vidéoconsultation (prise en charge à 100% et réalisable sur un téléphone).

4 Mais par ailleurs, l’essoufflement n’est parfois pas identifié en tant que tel par les patients, dans le cas particulier du COVID,.
ou par un problème neurologique lié au Covid,
ou par une trop grande adaptation du déficit pulmonaire (par exemple chez une personne qui a de l’asthme, avec l’habitude d’être essoufflée à l’effort)) ,
ou parfois cela se traduit juste par de la fatigue ; lorsqu’on est très fatigué “cloué au lit”, on n’a pas le loisir de réaliser qu’on est essoufflé… à la marche. Il faut demander au patient de faire quelques pas chez lui et nous dire son ressenti (malaise , difficultés à parler, essoufflement…)

Il est important de rester en contact avec un medecin,
car si parfois l’aggravation arrive d’emblée, elle est le plus souvent décalée au 7ème et 10 ème jour

Les 7 peurs qui sont des freins à consulter. S’autoriser à appeler et à consulter à temps !

On peut identifier 7 peurs qui sont de freins à consulter, à prendre soin de soi, à prendre les bonnes décisions...notamment appeler le 15
1- la peur de déranger, on nous dit que les soignants sont submergés… mais ...
mais non ! Maintenant, les filières covid / non covid sont organisées, il faut prendre contact avec son soignant / médecin pour discuter de l’intérêt d’une consultation en « présentiel » ou à distance.
2- la peur de ne pas être légitime pour des petits soucis, en période d’épidémie, en pensant pouvoir se débrouiller tout seul, mais ...
= > on n’est pas forcément bon juge, on sous estime peut être ses symptômes, et on connaît de mieux en mieux ce virus et ses symptômes qui peuvent parfois être atypiques, donc mieux vaut consulter (ex : en cas de perte de l’odorat)
3- la peur de l’hospitalisation : à cause de la possible gravité de l’infection ou le risque d’être hospitalisé en réanimation … mais...
la majorité des personnes nécessitant d’être hospitalisées restent en hospitalisation traditionnelle, parfois avec de l’oxygène “ aux lunettes”, ou avec des techniques de ventilation “non invasives”. L’intubation est de plus en plus rare, car on connaît mieux la maladie maintenant, et comment la contrôler
4- la peur de l’hospitalisation : et d’être séparé de ses proches . ;. mais
dans la plupart des hôpitaux, il y a des équipes mobiles, qui permettent de faire le lien entre proches et patients hospitalisés, il y a même parfois des dérogations pour des visites. et si une hospitalisation est nécessaire, elle sera d’autant plus courte qu’on s’y prend tôt !
5- la peur du coût de l’hospitalisation  : l’hospitalisation en réanimation est prise en charge à 100°/°, avec un seul forfait de 24 euros,et avec le forfait journalier de 20 euros. Mais pour l’hospitalisation en médecine, il y a un doute sur le fait que ce soit pris en charge à 100% ce qui pénaliserait les personnes qui n’ont pas de mutuelles et auraient une partie du prix de journée à payer. Nous pensons que si ce n’est pas le cas, il faut se battre collectivement pour que tous les soins liés au covid19 soient pris en charge à 100% depuis la première consultation et jusqu’à la guérison "
https://www.ameli.fr/paris/assure/remboursements/rembourse/hospitalisation-chirurgie/hospitalisation-chirurgie
6-la peur de s’infecter si on doit se rendre à l’hôpital ou en consultation… mais...maintenant tout le monde est bien organisé, les mesures barrière sont respectées dans les lieux de soin et on peut de nouveau prescrire des masques chirurgicaux si besoin.
7-la peur de la maladie de façon plus globale ...  : on éteint les signaux d’alarme, car l’anxiété liée au fait de se savoir malade de ce virus est plus forte que l’inquiétude liée aux symptômes eux-mêmes. Parfois cela a même pour effet de ne rien dire de ses symptômes, de ses ressentis…Parfois même, on se trouve sidéré, déconnecté de son ressenti.

Bref, surtout ne rien prendre à la légère , même s’il y a de nombreuses raisons qui expliquent le fait de minimiser les symptômes. Une intervention rapide peut aboutir à des traitements légers et éviter des réanimations plus problématiques.
Lorsque l’on a les symptômes d’une infection par le coronavirus, il ne faut pas rester seul : consulter un médecin par téléphone et se faire suivre au jour le jour pour voir l’évolution des symptômes. La plupart des équipes médicales sont organisées pour ce suivi en ville et il existe des systèmes de surveillance par des équipes hospitalières comme covidom avec l’équipe de la Pitié salpétrière à Paris, qui assure un contact chaque jour par téléphone avec vous et par internet avec votre médecin.


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