La tragédie de Calais : l’Etat français tue !

mardi 3 novembre 2015
par  Michel Butel
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La tragédie toujours met à l’épreuve notre intelligence, notre mémoire, notre morale, elle frappe de stupeur notre état d’esprit, elle sollicite pensée, actes et paroles alors qu’elle leur rend la vie impossible. De 1936 à 1944, ici, en Occident, que fallait- il faire ? On me pardonnera ces dates, chacun aura rectifié : ici, en Occident, de l’été 1914 aux terribles jours que nous vivons, que fallait-il faire ? Que faut-il faire ? L’énigme réelle, vertigineuse : que pouvions- nous faire ? Que pouvons-nous faire ?

Trois réponses - depuis un siècle les trois mêmes - chacune enfermée dans sa sphère, dans sa logique, dans sa langue.

Tout d’abord, la Personne, vous, moi, la personne seule, unique et isolée, la personne affublée de tant de noms inutiles : citoyens, êtres humains, témoins, anonymes etc. jusqu’à ce mot sublime : "justes", ce mot qui sauve, qui nous absout de notre présence en enfer sur terre. Mais que peut faire un juste ? Presque rien. Sauver. il peut sauver, aimer, protéger, aider... Il peut tenir ouvert le goutte à goutte de la compassion. Rien de plus. Presque rien.

Ensuite, la Communauté, la famille, le groupe, le clan, les complices, l’association, le réseau. S’ils inventent de fraternelles réunions, déclarations, protestations, que peuvent-ils faire ? Rien. A peine plus que les personnes seules. Pourquoi seraient-ils, sont-ils impuissants ? Parce qu’en face d’eux, tout autour d’eux, parfois en eux, prospère l’innocence du crime, le silence sidéral des origines criminelles de nos sociétés. Pour qu’existe LA réponse, il faudrait une violence légère, joyeuse, une danse des révoltes, il faudrait la joie, il n’y a que notre désespoir.

Mais le Grand Réparateur existe, c’est l’Etat. Lui peut tout faire. Lui détient en ses mains le sort de chacun. Chacun de ceux qui vont mourir passent sous son pouce baissé ou levé. Comme au temps de l’occupation nazie, comme au temps des massacres dans les colonies, comme au temps des camps pour réfugiés républicains espagnols, comme au temps des chiens lâchés sur les Noirs américains, comme au temps des arméniens puis des cambodgiens puis des tutsis assassinés devant leurs enfants, leurs femmes, leurs parents, comme au temps des peuples déportés par Staline ou Mao, comme au temps des femmes brûlées vives en Inde, comme au temps des homosexuels lapidés partout, c’est à dire, comme hier, comme en mille lieux d’enfer, l’Etat dispose de la force absolue. L’Etat peut sauver. Il ne sauve pas, il condamne, il tue.

Je propose la création d’ un tribunal international semblable à celui qui porta le nom de Russell.

Je propose que soient traduits devant lui pour non-assistance à personnes en danger de mort les dirigeants de l’Etat français.


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